L’affaire de Mireille Millet rebondit encore une fois et cette fois, on frôle le Grand Guignol : condamnée pour la non-représentation de son petit-fils, sa peine a été confirmée en appel. Sauf que la grand-mère a été reconnue coupable de délits commis par sa fille !

La justice n’en a pas fini avec Mireille Millet. Cette grand-mère, accusée d’être trop aimante, a été condamnée le 6 mai 2008 par le tribunal correctionnel de Briey pour la non-représentation de son petit-fils. Les magistrats l’ont estimée trop «envahissante» ; elle avançait l’état de nécessité pour un gamin qu’elle avait commencé à élever avant qu’on ne lui en retire la garde au profit du père. Reconnue coupable, elle a fait appel.

Dans le même temps, elle a poursuivi la procédure qui l’oppose au procureur de la République de Briey en poste à l’époque des faits, en 2003. L’audience s’était tenue à Thionville le 27 janvier dernier ; le délibéré doit être rendu aujourd’hui même. Un dossier dans lequel c’est la grand-mère qui accuse. Selon elle, le parquet a dissimulé un rapport d’enquête sociale qui plaidait en faveur d’un retour de l’enfant chez elle et signalait une situation de danger auprès du père.

Si ce n’est elle c’est donc sa fille…

La dame pointe donc du doigt des lacunes dans le fonctionnement de la justice et voilà la justice qui tend le bâton pour se faire battre. Jeudi dernier, la chambre correctionnelle de la cour d’appel de Nancy a confirmé la condamnation prononcée par la juridiction briotine en première instance. L’arrêt vient d’être transmis aux parties : cinq feuilles et un joyeux mélange. Les prévenus, Mireille Millet et son époux Guy, sont les bons. Le rappel de la procédure est juste : tous deux ont été condamnés pour non-représentation d’enfant. Mais après, tout se gâte. Voilà Mme Millet tout à coup prévenue d’avoir trompé cinq magasins du Pays-Haut en falsifiant des bons de commande alimentaires de l’Udaf. «Mme Millet a fabriqué de faux bons à l’aide d’un photocopieur […] Elle a reconnu les faits de falsification qui lui sont reprochés. » Et soudain, son casier judiciaire «mentionne quatre condamnations, dont deux concernent des faits similaires ». Plus rien à voir avec l’affaire initiale, et pour cause : la justice s’est emmêlée les pinceaux et toute la deuxième partie de l’arrêt d’appel concerne Corinne Millet, la fille de Mireille. Une femme placée sous curatelle, qui compte effectivement plusieurs condamnations, contrairement à sa mère.

«Qui va payer ?»

Du coup, on ne sait plus s’il faut rire ou pleurer en lisant la suite : « Eu égard aux données existant sur la personnalité de Mme Millet, et compte tenu de la gravité et la nature de l’infraction dont elle s’est rendue coupable, le premier juge a exactement apprécié la peine qu’il convient de lui infliger. Le jugement déféré sera dans ces conditions confirmé en ses dispositions relatives à la peine. » Et la voilà condamnée en appel pour des délits commis par sa fille, au terme d’un arrêt de cinq pages signé du greffier et du président. «Vraiment, vraiment, je suis en colère !», fulmine Mireille Millet. Bien sûr, ses avocats, Mes Alexandre Bouthier et Olivier Corbras, vont introduire un pourvoi en cassation, « mais qui va payer ? Et si ça avait été une peine de prison, on m’aurait enfermée à la place de ma fille ? » Des questions, la grand-mère n’a pas fini d’en poser à la justice qui, après cette erreur, va avoir bien du mal à convaincre, aujourd’hui, de son extrême rigueur.
Emmanuelle DE ROSA.

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