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L’histoire est tragique, mais également rocambolesque. A partir de ce matin, et durant trois jours, les jurés de la cour d’assises des Bouches-du-Rhône vont se pencher sur la vie amoureuse de Jean-Claude Douliery, 40 ans, et de Béatrice Faure, 48 ans, amants autrefois passionnés au point de tuer l’époux encombrant. Il s’appelait Jean-Pierre, il « s’est débattu comme un beau diable » pour ne pas mourir, et a fini dans une mare de sang.

Selon Béatrice, c’est Jean-Claude qui l’a tué. Ces deux-là ne se parlent plus, ils ne se regardent même plus depuis qu’elle l’a dénoncé. D’autant que, à cause des aveux de l’épouse rongée par le remords, l’accusé est dans un sacré pétrin : en cherchant le corps du malheureux Jean-Pierre, les gendarmes ont découvert le cadavre d’une ex-fiancée de Douliery, disparue en 2001 alors qu’elle attendait leur bébé.

Le voici donc, a priori, judiciairement très mal parti. En attendant le procès qui le verra répondre du meurtre de son ancienne compagne Dominique Ortiz, il comparaît pour la troisième fois aux assises, à Aix-en-Provence après Draguignan (Var).

Rebondissement à l’audience

Draguignan, mercredi 14 novembre 2007. Ce jour-là, l’audience criminelle bascule en trois secondes : « Je sais où est le corps de mon mari. Je peux vous y conduire. »

La voix de Béatrice Faure se brise et le procès s’interrompt. Ni une ni deux, le président Tournier renvoie les jurés à leur foyer et dépêche la maréchaussée au cap Canaille où Jean-Pierre Faure pourrait avoir été enseveli. Cela fait deux ans et demi, déjà, que les enquêteurs recherchent le disparu, époux de Béatrice et père d’une fille, Angélique.

Il n’avait aucun motif de quitter le domicile familial de Sanary-sur-Mer, ni maîtresse ni dettes, pas de vague à l’âme, si ce ne sont quelques doutes sur la fidélité de sa femme. Pas suffisant pour fuir, pensent les gendarmes, la mère, les frères et les sœurs de Jean-Pierre.

Ils savent que Béatrice avait un amant, Jean-Claude Douliery ; Angélique est même persuadée que c’est lui qui a éliminé son père. Le 6 avril 2005, trois semaines après le mystérieux départ, le couple Douliery-Faure est interpellé. Motus et bouche cousue, les amants n’avouent rien. Las ! loin des yeux, loin du cœur : la prison aura raison de leur amour. Le 14 novembre 2007, ils sont jugés pour assassinat et Béatrice craque.

Pas une dépouille, mais deux

Direction le cap Canaille, donc, entre La Ciotat et Cassis. Un endroit sauvage, idéal pour qui voudrait offrir une tombe de fortune à un importun.

A flanc de falaise, face à la mer, repose Jean-Pierre Faure. Plus exactement ce qu’il reste de lui : des ossements et un bas de jogging bleu. Alors que les gendarmes s’apprêtent à ramener Béatrice qui les a guidés, l’un d’eux bute sur un escarpin.

A côté de sous-vêtements féminins. Puis d’un joli bijou. Et encore des os. L’expertise ADN démontrera que c’étaient ceux de Dominique Ortiz, une fiancée de Jean-Claude Douliery, qui les collectionnait. Elle avait disparu en mars 2001…

Cette affaire dans l’affaire est instruite à Marseille, pas question de l’évoquer ces jours-ci en cour d’assises à Aix. La famille de Jean-Pierre a bien de la peine : partie civile, elle espérait que le (deuxième) procès à Draguignan, qui s’est tenu à la mi-septembre 2008, mettrait un terme à son calvaire.

Mais l’issue n’a pas convenu aux amants d’hier : 20 ans de réclusion pour Béatrice, 30 ans pour Jean-Claude. Soit trop pour elle qui se jure innocente ; trop pour lui qui se dit victime d’une menteuse. D’où l’appel. Verdict définitif vendredi soir.

Edition France Soir du mercredi 23 septembre 2009 page 9

le mercredi 23 septembre 2009 à 04:00

1 réponse
  1. LICO
    LICO dit :

    Je me demande si cette diabolique n’a pas influencé Douliery dans l’assassinat de Dominique Ortiz, puisque celle-ci était au mariage de la belle soeur, où était forcément Béatrice, elle aurait dit à sa belle soeur concernant la mort de Dominique « elle l’a bien mérité » …………………….? Je n’excuse quand même pas Dlouliery.

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