CLICANOO.COM | Publié le 7 novembre 2009

C’est un accusé immature, odieux et suicidaire qui s’est présenté ce matin à la cour d’assises. Après avoir récusé son avocat, il s’est comporté d’une manière ignoble face à la victime, une nouvelle fois outragée, avant d’insulter l’avocat de la partie civile.

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C’est sur un coup de tonnerre qu’a débuté ce dossier. Mis en examen pour le viol sur une enfant de 11 ans avec arme et séquestration, William Payet a reconnu les faits durant sa garde à vue et lors de l’instruction, même s’il les banalisait. Hier, en début d’audience, William Payet décide de changer son mode de défense en niant catégoriquement les faits avant de récuser son avocat Me Frédéric Hoarau du barreau de Saint-Pierre. C’est donc seul que l’accusé veut se défendre en annonçant : “Je conteste tout”. Le 10 novembre 2003, vers 16 heures, la victime quitte le domicile de sa mère pour se rendre chez son père à deux kilomètres de distance. Sur le chemin, elle croise William Payet. Celui-ci la saisit par-derrière et l’entraîne dans un bois. Là, il lui dit qu’il est un terroriste ami de Ben Laden, qu’il a un pistolet. Il l’oblige à boire du rhum à fumer du zamal et durant 12 heures, il la viole à plusieurs reprises, lui infligeant de multiples relations. Il ne la relâche que le lendemain à 4 heures du matin. Entre-temps, sa famille a entamé des recherches. William Payet ne sera interpellé que trois ans plus tard lors d’une autre agression sexuelle et confondu par les tests ADN. Devant la cour, le comportement de William Payet est toujours à la limite de l’outrage. Il repousse la justice, affirme qu’elle est à deux vitesses et que la seule qu’il accepte est celle du “créateur”. Il poursuit en expliquant que, comme son père qui l’avait agressé sexuellement lorsqu’il était petit n’avait jamais été condamné, lui avait aussi le droit de faire ce qu’il voulait. Puis, un incident ignoble intervient alors que la jeune victime dépose. Lorsque le président l’interroge sur cette déposition, William Payet se lève d’un bond, tente de baisser son pantalon et s’écrit, “si elle dit que je l’ai violée, elle n’a qu’à venir identifier mon sexe”. Déjà particulièrement traumatisée de revivre la scène devant le tribunal, la jeune victime s’effondre en larmes tandis que l’accusé est amené par l’escorte vers la geôle au moment même où le bâtonnier Georges-André Hoarau, le conseil des parties civiles, explose. “Vous êtes un monstre. Je suis désolé que la peine de mort n’existe plus pour un type comme lui.” Une suspension d’audience est ordonnée afin de calmer les esprits. La reprise sera consacrée à l’examen de la personnalité. L’expert psychiatre remarque que le sujet est “immature déstructuré, intolérant aux frustrations, enclin à l’exploitation d’autrui pour la satisfaction de ses désirs. Il est antisocial avec une volonté de minimiser son implication”.

“Jugez-le comme si c’était votre petite fille”

Le psychologue va beaucoup plus loin en le décrivant comme ruminant ses rancunes et refusant de se remettre en cause. Les deux experts sont d’accord sur la difficulté de réinsertion de l’accusé s’il ne fait pas lui-même la démarche de se rendre chez un spécialiste. La plaidoirie de Georges-André Hoarau, pour la partie civile va être sanglante. L’avocat, sans mâcher ses mots, va s’adresser directement à l’accusé. “Vous n’êtes qu’un parasite, un prédateur. Votre existence n’aurait jamais dû avoir lieu. Avoir un fils comme vous, je me maudirais alors que je remercierais le ciel d’avoir une fille comme elle. Vous êtes un tartuffe, un imposteur, un être que la terre ne devrait pas porter,” poursuit l’avocat de la partie civile. “Il ne faut pas banaliser les actes”, explique encore l’avocat sudiste. “J’avoue que je suis amer de payer des impôts pour ce type d’individu”, termine Georges-André Hoarau en interpellant les jurés. “Jugez-le comme si cette petite fille était la vôtre”. Pour le procureur général, “la culpabilité est évidente. Les empreintes génétiques ne mentent pas”. “Il est dangereux au sens social”, termine Raymond Doumas en requérant une peine de 20 ans de réclusion criminelle avec un suivi sociojudiciaire. Comme le veut le droit français, c’est l’accusé qui prend la parole en dernier. À part insulter l’avocat de la partie civile et proclamer que la justice est à deux vitesses, William Payet ne dira rien qui pourrait lui faire bénéficier de circonstances atténuantes. Bien au contraire. Il faudra moins d’une heure aux jurés pour le reconnaître coupable des faits et le condamner à 20 années de réclusion criminelle dont les deux tiers de sûreté. De plus, la cour a décidé de lui infliger un suivi sociojudiciaire de 10 ans avec une peine de 5 ans au-dessus de la tête. La peine maximale

Jérome Leglaye

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