Fenua – Faits divers
TRIBUNAL CORRECTIONNEL – Un accident qui coûte très cher
Pas de bol. Vraiment pas de bol. Emboutir une voiture, quand on est en tort, c’est déjà contrariant. Quand on n’est pas assuré, là ça craint carrément. Alors quand, en plus, on décide de s’enfuir sans même s’inquiéter de l’état de santé du conducteur et qu’on apprend, après s’être immanquablement fait rattrapé par la justice, que la victime n’est autre que… le premier président du tribunal de première instance de Papeete, c’est la grosse migraine en perspective.
Pareille mésaventure vient pourtant d’arriver à un jeune homme d’une vingtaine d’années. Poissard jusqu’au bout, il comparaissait hier matin, vendredi 13, devant le tribunal correctionnel. Et pas de chance, il a été logiquement condamné : 18 000 Fcfp d’amende pour défaut d’assurance, 10 000 Fcfp d’amende pour défaut de maîtrise du véhicule, 60 jours de travail d’intérêt général.

Coup du lapin et minerve pour le magistrat

L’histoire pourrait en rester là si l’expertise de la voiture accidentée du magistrat n’estimait pas les travaux de réparation… à plus de 2, 4 millions Fcfp !

Embarrassé par la détresse du jeune homme, qui reconnaît par ailleurs intégralement ses torts, le juge Gérard Joly, qui présidait l’audience correctionnelle hier, a accepté la demande de contre-expertise formulée par l’automobiliste incrédule : “C’est vrai que cela peut sembler étrange d’avoir à payer une telle somme pour un véhicule administratif qui a peu servi certes, mais qui avait été acheté 1, 8 million Fcfp, il y a cinq ans…”, a-t-il lancé au procureur de la République, par ailleurs suivi dans ses réquisitions. À l’Argus en métropole, une telle voiture côute entre 700 000 et 900 000 Fcfp.

De quoi l’avoir définitivement mauvaise. “Je ne comprends pas, la route était mouillée, j’ai été surpris et je l’ai bien percuté à l’arrière, mais ce n’était que les parechocs !”, insiste le jeune homme. “Ma voiture n’a pas été trop abîmée”. Les pare-chocs, mais aussi le plancher, l’essieu arrière et même le toit de la voiture se sont pliés à l’impact. Le magistrat, victime du coup du lapin, avait dû supporter une minerve pendant plusieurs jours. L’automobiliste, lui, sera fixé mercredi prochain sur l’intérêt à poursuivre une demande de contre-expertise, intégralement à sa charge.

Raphël Pierre

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