Par un arrêt rendu le mercredi 03 mars dernier par la chambre d’accusation de la Cour d’appel de Conakry dans l’affaire du narcotrafic, quatre des inculpés dans cette « bagarre » qui oppose avocats au Ministère Public et qui passionne plus d’un, ont été renvoyés devant la cour d’assises pour être jugés le 15 mars prochain. Malgré la mise en liberté provisoire accordée à deux d’entre eux (Thermite Mara et Victor Traoré), selon les avocats de la défense.

Selon eux, la chambre d’accusation a en effet, renvoyé quatre des inculpés devant la cour d’assises pour être jugés : « ce sont l’ancien Directeur Général de la Police Nationale Sékou Mohamed Bangoura, l’ancien Directeur Général de l’Office Central Anti-drogue (OCAD) Bakary Thermite Mara, l’ancien Directeur Général de l’Officier de Répression des Deniers Economiques et Financiers (ORDEF), l’ancien commissaire de l’aéroport de Conakry Mohamed Diaré. Un cinquième inculpé a été renvoyé devant le tribunal correctionnel c’est-à-dire que la chambre d’accusation a estimé que les faits qui lui sont reprochés ne constituent pas une infraction à caractère criminel. »

Mais, l’un des cas qui irriterait les avocats de la défense nous indiquent-t-il, est celui de Sékou Mohamed Bangoura. « Au niveau du bureau des investigations judiciaires de la direction générale nationale, les officiers de police judiciaire avaient déclaré dans leur procès-verbal, que l’enquête n’a révélé aucune charge contre Sékou Mohamed Bangoura. De même, le juge d’instruction a rendu une ordonnance de non-lieu en sa faveur, ce qui confirme la conclusion des agents enquêteurs », affirment-ils dans ce document.

Tout en rappelant les faits qu’on reprocherait à l’ancien directeur général de la police nationale – négligence et manquement à ses obligations professionnelles – Un avocat estime qu’étant donné qu’aucune preuve n’a été apportée par le Ministère Public à ce jour, M. Bangoura serait « victime d’un règlement de comptes » de la part de certaines personnes aux affaires aujourd’hui.

Concernant l’ancien ministre de la Sécurité Mohamed Damba à qui on reprocherait d’avoir détourné six mille euros afin d’acheter un véhicule de fonctionnement pour un des cadres de la police, ils affirment que ce véhicule existerait. Mais, que la justice estimerait qu’il s’agissait d’un détournement de deniers publics : « ce qui est surprenant, c’est que des personnes auxquelles il est reproché des faits semblables sont mises hors de cause. Ce qui ressemble en fait à une justice à géométrie variable. Tout cela incite les avocats à dire que les juges reçoivent des instructions dans cette affaire. »

Pour ce qui est de Thermite Mara et Victor Traoré qui ont été renvoyés devant la cour d’assises malgré leur mise en « liberté sous contrôle judiciaire » à cause de leur état de santé, le Procureur Général près la cour d’appel de Conakry aurait décidé de faire « un pourvoi en cassation » auprès de la Cour Suprême.

Pour les avocats, le Procureur Général vise tout simplement à empêcher l’exécution de la mesure prise en faveur de Thermite Mara et Victor Traoré. C’est donc dénoncent-ils, un acte de mauvaise foi dont les instigateurs seraient le ministre de la Justice et Garde des Sceaux Siba Lohalamou et celui de la Lutte contre le Grand banditisme et la Drogue Thiègboro Camara : « M. Thiègboro est en fait le vrai ministre de la Justice et que le ministre Siba Loholamou est ministre par procuration. C’est pour toutes ces raisons que nous menaçons de boycotter les prochaines assises surtout qu’il n’y a pas d’assises sans avocats. »


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