La cour d’assises du Var entamera aujourd’hui une courte session supplémentaire de deux semaines, placée sous la présidence du conseiller Jean-Luc Tournier. Trois affaires criminelles seront soumises aux jurés varois pendant cette mini-session, à commencer par un terrible dossier d’infanticide à Gémenos.

Ce drame, qui s’est produit l’été 2004 aux portes du Var, et qui a coûté la vie à deux enfants innocents de 3 et 7 ans, n’est pas sans rappeler celui qui s’était déroulé l’été précédent à Roquebrune-sur-Argens. Dans un contexte de séparation douloureuse, un infirmier psychiatrique de Fréjus avait coupé la tête de ses deux enfants, avant d’échouer dans sa tentative de suicide.

Une perpétuité en appel

Près de quatre-vingt-dix témoins ont été cités pour le deuxième procès de Patrick Goudou, le gérant d’une société commerciale de Gémenos, âgé de 51 ans.

Il viendra aujourd’hui et pendant quatre jours faire appel d’une condamnation à perpétuité pour les meurtres de ses deux fils et une tentative de meurtre sur sa compagne. Dans son verdict d’octobre 2007, la cour d’assises des Bouches-du-Rhône n’avait pas retenu contre lui la circonstance aggravante de la préméditation.

Mais la procédure d’appel remettant tous les compteurs à zéro, ce seront à nouveau deux assassinats et une tentative d’assassinat qui seront reprochés à Draguignan à Patrick Goudou.

Message en lettres de sang

Quand ils sont arrivés, le 24 août 2004 peu avant minuit, devant cette villa de Gémenos, les gendarmes ont d’abord vu Patrick Goudou à la fenêtre du premier étage, occupé à s’automutiler avec des objets tranchants, et hurlant aux représentants de l’ordre de l’abattre.

Ils l’ont vite maîtrisé et fait transporter à l’hôpital pour soigner ses blessures superficielles. C’est alors que dans une chambre, ils ont découvert les corps exsangues de Romain, 7 ans, et Baptiste, 3 ans. Chaque enfant avait reçu une vingtaine de coups violents portés avec un couteau à viande et une canne de berger basque, munie d’une pointe ferrée.

Sur un mur de la chambre, un message destiné à Armelle, la compagne de Patrick Goudou, écrit en lettres de sang : « Laisse-moi mes enfants ».

Celle-ci s’était réfugiée chez ses voisins, d’où elle avait appelé les secours. Elle portait des traces de strangulation, infligées par son compagnon au début du drame. Elle avait perdu conscience et avait pu prendre la fuite dès qu’elle avait repris connaissance.

La séparation comme mobile

Il est apparu lors de l’enquête que ce terrible dénouement était en ferment dans le couple depuis trois semaines, quand Armelle avait annoncé à celui qui partageait sa vie depuis treize ans qu’elle envisageait une séparation.

Patrick Goudou n’a pas contesté avoir étranglé sa compagne, mais selon lui sans intention de la tuer. Il n’a pas davantage contesté le massacre de ses enfants, sans pouvoir préciser dans quelles circonstances il était passé à l’acte.

Pour ce deuxième procès, Mes Jacques Martin et Gérard Baudoux assisteront l’accusé, face à Me Alain Molla, pour les parties civiles.
G. D.

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