Corruption en Algérie – Le procès en appel dans l’affaire d’Algérie Télécom, où sont poursuivis trois ex-cadres supérieurs, dont les deux anciens P-dg et le DFC, aura lieu aujourd’hui au niveau de la cour de Sétif, a-t-on appris de source judiciaire sûre. Le procès, qui devait avoir lieu la semaine dernière, avait été renvoyé par le président du tribunal sur demande de la défense.


algerie telecom batimentC’est une ambiance particulière que vivra aujourd’hui la cour de Sétif. La programmation en appel du procès de trois cadres supérieurs d’Algérie Télécom, dont les deux anciens P-dg, Slimane Kheïreddine et son successeur Djaziri Mouloud, ainsi que l’ex-directeur des finances et de la comptabilité, constituera le fait marquant de ces journées judiciaires sétifiennes. A ce propos et à en croire des sources proches du dossier, les avocats de la défense avanceront, dès le début de l’audience, une série d’arguments plaidant «l’innocence des clients».

Pour les Robes noires, «les véritables coupables de cette affaire sont ailleurs, il ne s’agit nullement des cadres d’Algérie Télécom, qui intervenaient dans un cadre réglementaire». Pour rappel, lors du procès qui s’est tenu en première instance, il y a de cela deux mois, le tribunal correctionnel de Sétif avait condamné Slimane Kheïreddine, ex-P-dg d’Algérie Télécom, à 5 ans de prison ferme, et son successeur à 3 ans d’emprisonnement. Les deux P-dg ont été condamnés «pour conclusion de marché contraire à la réglementation en vigueur». Poursuivi pour négligence ayant abouti au détournement de deniers publics, le directeur des finances et de la comptabilité, Afadjen Boualem, a été, lui aussi, condamné à une peine d’emprisonnement de 3 ans. Poursuivis pour les mêmes motifs, Meziani Ahmed (directeur central par intérim) s’est vu infliger une peine d’une année d’emprisonnement, tout comme trois autres cadres.

L’un des deux associés de l’entreprise privée ayant bénéficié du marché en question avec Algérie Télécom avait écopé de deux années de prison avec sursis. Egalement impliqué, son fils a été condamné à 12 mois de prison avec sursis. En fuite, l’autre associé avait été condamné à 10 ans de prison ferme, assortis d’une amende d’un million de dinars. La même peine avait été prononcée à l’encontre de son fils, lui aussi en fuite. De lourdes amendes financières ont été prononcées à l’encontre de la société privée. Pour rappel, cette affaire a vu le jour en 2006, après que les associés incriminés (fournisseurs privés) établis à Sétif, spécialisés dans la vente de câbles, ont été sollicités par Algérie Télécom pour fournir la câblerie nécessaire aux installations téléphoniques du groupe. Le montant du marché s’élevait à plus d’un milliard de dinars.

Il convient de noter que le représentant du ministère public avait requis 10 ans de prison ferme à l’encontre des deux ex-P-dg et des autres prévenus, mais qu’à la grande surprise de l’assistance, le successeur de Slimane Kheïreddine à la tête du groupe, en l’occurrence M. Djaziri Mouloud, avait été condamné à trois ans de prison ferme avec prise de corps à l’audience pour mise sous mandat de dépôt. Un verdict qui a soulevé des questionnements, d’autant plus que M. Djaziri bénéficiait depuis plusieurs mois d’une mise en liberté provisoire.

Selon l’arrêt de renvoi de la chambre d’accusation, le fournisseur, déjà en litige avec l’agence bancaire privée Natexis Algérie implantée à Sétif (il avait hypothéqué son usine pour non-remboursement de crédit), a encaissé le chèque d’Algérie Télécom, avant de prendre la fuite à l’étranger. Informée de la situation, la section de recherche et d’investigation relevant du Groupement de gendarmerie de Sétif a ouvert une enquête.

Plusieurs mois après l’ouverture d’une information judiciaire, les enquêteurs ont réussi à lever le voile sur «plusieurs malversations impliquant de hauts cadres d’Algérie Télécom». Pour rappel, M. Kheïreddine avait dirigé Algérie Télécom d’août 2006 à janvier 2008, avant d’être remplacé par M. Djaziri, qui a ensuite cédé son poste, en mai 2008, à l’actuel P-dg de l’opérateur public, M. Moussa Benhamadi.

source: Le soir d’algerie

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