SEOUL – Le procès des deux journalistes américaines arrêtées en Corée du Nord le 17 mars dernier aura lieu le 4 juin, a annoncé jeudi la presse officelle du régime.

“Le tribunal central de la République populaire démocratique de Corée a décidé de juger les deux journalistes le 4 juin”, indique une dépêche de l’agence officielle KCNA, reçue à Séoul.

L’Américano-Coréenne Euna Lee et la Sino-Américaine Laura Ling, qui travaillent toutes deux pour la chaîne de télévision californienne Current TV, ont été arrêtées pour avoir, selon Pyongyang, pénétré illégalement sur le territoire du pays.

Les médias d’Etat nord-coréens ont affirmé fin mars que Pyongyang disposait d’assez de preuves pour les inculper “d’entrée illégale” dans le pays et “d’actes hostiles” envers le régime.

Elles risquent jusqu’à 10 ans de travaux forcés, selon Reporters sans frontières (RSF), alors qu’Amnesty International a récemment douté que les deux journalistes bénéficient d’un procès équitable “étant donné le manque absolu d’indépendance ou de transparence du système judiciaire”.

Selon des experts, le régime stalinien devrait utiliser les deux journalistes comme monnaie d’échange pour faire pression sur Washington et pousser la nouvelle administration à des discussions directes.

La Corée du Nord s’est retirée à la mi-avril des négociations à six pays (Etats-Unis, les deux Corées, Chine, Japon et Russie) sur l’abandon de son programme nucléaire en échange d’une aide énergétique après avoir été condamnée par le Conseil de sécurité de l’ONU pour le lancement le 5 avril.

Pyongyang affirme que ce lancement “pacifique” a permis de placer en orbite un satellite de télécommunications. Mais Washington, Tokyo et Séoul y ont vu un lancement de missile à longue portée en contravention d’une résolution de l’ONU de 2006 interdisant à Pyongyang tout essai nucléaire ou tir de missile.

Après sa condamnation à l’ONU, le Nord a également annoncé l’arrêt de sa coopération avec l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) et la réactivation de ses installations nucléaires.

Le régime communiste a en outre menacé d’effectuer un second essai nucléaire, après celui de 2006, et de nouveaux tirs balistiques si le Conseil de sécurité de l’ONU ne s’excusait pas.

(©AFP / 14 mai 2009 04h46)

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