Conditions de détention à Rouen : l'Etat condamné

  • Le tribunal administratif a jugé que trois détenus étaient incarcérés « dans des conditions n’assurant pas le respect de la dignité inhérente à la personne humaine ».

  • L’Etat devra verser 9000 euros aux trois détenus de la maison d’arrêt de Rouen.

En plein blocage des maisons d’arrêt par les surveillants, qui demandent des effectifs supplémentaires et qui dénoncent les conditions d’incarcération dans un système pénitentiaire français surchargé (lire notre article), le tribunal administratif de Rouen donne raison, à sa manière, aux syndicats. Il a condamné en référé l’Etat à verser à trois détenus de la maison d’arrêt de Rouen 3000 euros chacun, en considérant qu’ils étaient incarcérés « dans des conditions n’assurant pas le respect de la dignité inhérente à la personne humaine ».

prison liberté barreaux évasion

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Crédit Photo : SXC.HU

Image d’archives

Dans son arrêt en date de mercredi, le tribunal souligne que les détenus sont incarcérés « depuis plus de deux ans » dans des cellules ne disposant pas de « ventilation spécifique du cabinet d’aisance ni de cloisonnement véritable avec la pièce principale ». Il ajoute que les toilettes sont situées « à proximité du lieu de prise des repas tolérée par l’administration pénitentiaire ». Le tribunal souligne « la promiscuité et l’absence du respect de l’intimité qui en a résulté » dans des cellules d’une superficie de 10,80 à 12,36 m2, accueillant deux ou trois détenus. Il conclut en estimant que ces conditions de détention constituent « un manquement aux règles d’hygiène et de salubrité ».

Ouverte en 1864

Le ministère de la Justice avait demandé le rejet de la requête en estimant qu’elle était « irrecevable », notamment en raison de « l’absence de certitude quant au préjudice évoqué« . Le 27 mars 2008, ce tribunal avait condamné l’Etat, avec des arguments identiques, à verser également 3000 euros à un autre détenu qui avait effectué la même démarche. Ouverte en 1864, la maison d’arrêt de Rouen, dite « Bonne nouvelle », compte 650 places et est occupée selon les périodes par 700 à 850 détenus, en détention provisoire ou condamnés à de courtes peines.

(D’après agence)

A l'heure d'un blocage des prisons, le procès d'un surveillant qui a sombré

LE MONDE |

ans le box du tribunal de Créteil, jeudi 30 avril, il est vêtu d’un survêtement bleu marine, comme l’uniforme qu’il portait jusqu’au 11 juin 2008. Ce jour-là, Pascal Sivera, 37 ans, avait mis comme tous les jours sa tenue de membre du corps d’élite de l’administration pénitentiaire, les ERIS (équipes régionales d’intervention et de sécurité), chargé d’intervenir dans les prisons, lors d’incidents graves. Il est allé à l’armurerie prendre un fusil à pompe, deux revolvers, deux grenades et des munitions, puis il s’est enfermé dans sa chambre, avec une bouteille de whisky, dans le foyer qui jouxte la prison de Fresnes, où vivent des surveillants.

Après avoir discuté avec ses supérieurs, il en est sorti en fin d’après-midi, avec tout cet arsenal, auquel il a ajouté les deux sabres de combat et le coupe-coupe, qu’il conservait chez lui. Il a dit qu’il voulait « mourir au combat ». Au tribunal, il raconte : « Deux trinômes de policiers m’attendaient, ça m’a mis en colère. J’ai pointé mes armes sur eux. » Il a tiré à plusieurs reprises, le plus souvent en l’air, sans atteindre personne.

« JE SAVAIS CE QUE JE FAISAIS »

L’affaire est jugée au moment où les agents pénitentiaires, menaçant d’un blocage des prisons à partir de lundi 4 mai, dénoncent la dégradation de leurs conditions de travail et la pression croissante qu’ils subissent en raison de la surpopulation carcérale.

Les policiers venus témoigner expliquent : « On a compris qu’il voulait qu’on fasse le boulot à sa place. » C’était un scénario pour se tuer. En revenant dans le foyer, Pascal Sivera a tiré sur la porte du studio d’une autre surveillante, qui s’est constituée partie civile. Puis il est monté sur la terrasse pour tirer sur les surveillants du mirador : « Je les ai flashés avec le laser. »

Le prévenu parle posément en racontant cet après-midi de chien où il a craqué. « Je n’ai mis personne en danger. Je suis moniteur de tir. Si j’avais voulu tuer, il y aurait eu des morts. Il n’y a eu aucune victime, aucun blessé. Je savais ce que je faisais. » Il se tient droit comme un « i », trois heures durant, répondant parfois aux questions par un simple et militaire : « Affirmatif ».

Il a été pendant cinq ans parachutiste « engagé volontaire ». Devenu surveillant, il est bien noté, et reçoit deux fois des félicitations, après ses interventions dans les ERIS. Il travaille d’abord dans l’équipe cynotechnique, où il reçoit un blâme pour ne pas s’être occupé assez bien de son chien malade. Il le conteste. Mais d’autres ennuis avec sa hiérarchie viennent s’ajouter à ses soucis familiaux et, surtout, à ses énormes problèmes financiers : 35 000 euros de dettes.

« On m’a dit que les problèmes personnels et financiers ne regardaient pas l’administration pénitentiaire, indique-t-il. C’est un métier assez dur. On prend sur soi. Après, on s’étonne que des surveillants se suicident. » Le tribunal l’a condamné à quatre ans de prison dont deux avec sursis.

Alain Salles
Appel au blocage des prisons du 4 au 7 mai

Les trois syndicats de surveillants pénitentiaires (CGT, FO, Ufap) appellent à un « blocage progressif » des prisons du 4 au 7 mai, empêchant l’entrée et la sortie des prisonniers. Une rencontre avec Rachida Dati, jeudi 30 avril, qui a cédé sur de nombreuses revendications, n’a pas modifié leur détermination.

Article paru dans l’édition du 03.05.09

Sept ans de bataille juridique

Placé en détention provisoire le 25 novembre 2002, la cour d’assises de Paris condamne en 2006 Olivier Vincent à la peine de dix ans de réclusion criminelle pour des faits de complicité d’enlèvement de mineur et de séquestration d’otage suite à une séparation.

Entre 2002 et 2009, ce détenu handicapé fera l’objet de quatorze transferts en raison de ses mauvaises conditions de détention (Nanterre, Fresnes, Osny, Meaux-Chauconin, Villepin, Châteaudun, Sequedin, Loos, Liancourt…).

Le 26 mars 2007, la Cour européenne des droits de l’homme fait condamner la France pour traitement dégradant en raison des difficultés rencontrées par Olivier Vincent à la maison d’arrêt de Fresnes pour se déplacer et quitter sa cellule.

Le 28 juin 2007, Olivier Vincent dépose une requête en suspension de peine pour raison médicale. Elle concerne les détenus dont le pronostic vital est engagé ou la pathologie durablement incompatible avec le maintien en prison.

Le 30 octobre 2007, le juge d’application des peines du tribunal de grande instance de Beauvais rejette cette demande.

En juillet 2008, le médiateur de la République, Jean-Paul Delevoye se penche sur son cas et affirme qu’il dispose d’une autonomie suffisante de déplacement tant au niveau des promenades qu’aux conditions d’hygiène au centre de détention de Liancourt.

Le 7 janvier 2009, la cour de cassation casse l’arrêt d’octobre 2007.

Le 17 avril 2009, la cour d’appel de Douai ordonne la suspension de peine : « Il est par ailleurs établi qu’aucun établissement pénitentiaire adapté à l’état de santé d’Olivier Vincent n’est susceptible d’accueillir ce dernier. »

On dénombre plus de 5 000 personnes handicapées dans les prisons françaises.

Source

Exhibition sexuelle: le mauvais procès fait à l'avocate nancéienne

Accusée d’exhibition sexuelle par un maton, une avocate nancéienne monte au créneau devant la cour d’appel.

NANCY.- Procès hors norme que celui qui s’est déroulé hier, pendant tout l’après-midi, devant la cour d’appel de Nancy. Il s’agissait de juger une avocate, relaxée en première instance, poursuivie pour « exhibition sexuelle » sur la foi des déclarations d’un surveillant du centre de détention d’Écrouves.
L’affaire remonte au 8 octobre 2007. Ce jour-là, le maton, alerté, selon ses dires, par un silence prolongé, prétend avoir été témoin d’un acte sexuel, entre une avocate et un détenu, lors d’un parloir. Il alerte ses supérieurs, accusant l’avocate d’avoir prodigué une fellation à son client. Pas banal, évidemment. Mais pas si simple. Car l’accusateur varie et rien ne vient corroborer ses déclarations.
Fort logiquement, le 28 octobre 2008, l’avocate est donc innocentée par le tribunal correctionnel d’Épinal. Pourquoi, dans ces conditions, le Ministère Public s’est-il entêté, au point de porter le dossier devant la cour d’appel ? Au vu du procès qui s’est déroulé hier à Nancy, on peut se poser la question…

Un placard à balais

Passons sur la présence grotesque de deux obscures parties civiles : l’association de défense des citoyens et l’association de promotion de la sécurité nationale. Le président de cette dernière participait au procès par visioconférence, depuis la prison de Poissy où il purge une lourde peine, alors même qu’il est totalement étranger à l’affaire !
Les débats ont commencé à devenir intéressants lorsque l’avocate mise en cause a expliqué pourquoi, selon elle, on lui fait ce mauvais procès. « Je suis la seule avocate à me déplacer régulièrement au centre de détention d’Écrouves où les conditions de parloir sont indignes et contraires à la loi », a-t-elle accusé. « Il est évident qu’ils étaient décidés à faire ce qu’il fallait pour que je ne revienne pas ».
Et de décrire une « ambiance insoutenable pour les détenus » et des conditions de détention « inadmissibles ».
Le parloir où l’avocate était cantonnée pour y recevoir ses clients, parfois pendant des heures, est un placard à balais d’un mètre trente-cinq sur un mètre dix-sept. Mesures confirmées par la présidente de la cour d’appel.
L’avocate accusée peut s’enorgueillir d’un passé professionnel honorable et sans tache, comme l’a confirmé le bâtonnier de l’Ordre des avocats en exercice en 2007. Mais, visiblement, c’est une « grande gueule », membre de l’Observatoire international des prisons.

Militante notoire


Aurait-on voulu faire taire cette militante du droit des détenus ? C’est ce que pense sa consœur Dominique Boh-Petit, citée comme témoin. Les avocats de la défense, Maîtres Saint-Pierre, Bouthier, Versini-Campinchi et Begel ont demandé la confirmation de la relaxe.
L’un d’eux a souligné à quel point sa cliente « fait l’objet de la vindicte de mouvements extrémistes, en raison de son activité militante notoire en faveur des droits des prisonniers ».
Quant à l’avocat général, il s’en est tenu à la ligne décidée par le Ministère Public.
Il a accordé foi aux déclarations du maton, contre l’avocate, réclamant 1.000 euros d’amende.
La décision sera rendue à une date ultérieure.

lbassand@estrepublicain.fr

Ludovic BASSAND
16/04/09

SOURCE

Devant la cour d'assises de l'Essonne, le procès rare d'un viol en prison

Compte rendu
LE MONDE |
EVRY CORRESPONDANCE

Fréquents, les viols commis en prison font rarement l’objet de plaintes : la honte des victimes et la peur des représailles nourrissent la loi du silence.

C’est donc un procès peu ordinaire qui s’est ouvert lundi 16 mars devant la cour d’assises de l’Essonne à Evry. Robert L., 23 ans, comparaît libre pour le viol de Frédéric D., 24 ans (à la demande de la victime, nous avons préservé leur anonymat), dans une cellule de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis, la nuit du 13 au 14 décembre 2006. « Il n’y a pas dénégation de l’acte sexuel, mais mon client refuse la qualification de viol », défend Nadine Blanc-Deschamps, l’avocate de l’accusé, qui encourt quinze ans de réclusion.

Tout oppose les deux hommes. Frédéric est un garçon efféminé, le corps gracile, les traits délicats et le verbe posé. Il ne dissimule pas son homosexualité. Robert, d’apparence plus rustre, baskets et jean baggy, se tient négligemment sur sa chaise et s’exprime confusément.

Arrivé du Cameroun à 13 ans après le décès de sa mère, il connaît des périodes d’errance en foyer ou dans la rue, avec pour seuls soutiens celui d’une demi-soeur et d’une jeune fille de son âge avec qui il entretient toujours une relation. Il sombre dans la délinquance et fait plusieurs séjours en prison pour actes de violence. Sans être qualifié de dangereux par les autres détenus, Robert, plutôt actif et extraverti, possède une certaine aisance en détention.

A l’inverse, Frédéric, venu de Guadeloupe en août 2006, vit très mal sa première incarcération. Poursuivi pour avoir reçu un courrier des Antilles contenant de la cocaïne, il est alors en détention provisoire et clame son innocence.

« Dès sa mise en détention, j’ai transmis un mémoire à la chambre d’instruction pour dire que son emprisonnement était la chronique d’un viol annoncé », assure son avocat, Me Arié Halimi. « J’ai informé le juge d’instruction de l’homosexualité de mon client. Mais le juge a seulement indiqué, dans le dossier pénitentiaire, un point d’interrogation face à la mention « risques d’atteinte à l’intégrité physique ». » Ce point d’interrogation sera mal interprété par l’administration pénitentiaire qui conclut à une tendance suicidaire et veille à ne pas laisser le jeune homme seul en cellule. Tragique méprise.

Depuis plusieurs jours, en cette fin d’année 2006, Frédéric subit les avances de Robert. « Il me disait qu’il voulait être dans la même cellule que moi. Je répondais que je n’avais pas la tête à ça et que j’étais fidèle à mon ami. » Mais deux jours après le départ du codétenu de Frédéric, Robert prend sa place. Peut-on croire au hasard ? « Bien sûr que non, répond la victime. En faisant une requête à l’administration, on peut demander l’affectation dans telle ou telle cellule… »

MANQUEMENTS GRAVES

« Le chef de détention établit un profil psychologique des détenus et essaye de mettre les détenus ayant le même profil ensemble », explique à la barre Pascal Rodrigue, le gendarme chargé de l’enquête. « Ils ont presque le même âge… La victime n’avait pas fait état de ses relations difficiles avec l’accusé et l’administration ne voulait pas le laisser seul. » Ce fut assez pour justifier la cohabitation.

Pourtant, la nuit même de son arrivée dans la cellule, l’accusé, selon les déclarations du plaignant, attend que la ronde soit passée pour le maîtriser violemment et le sodomiser. « J’ai essayé de crier mais il m’a empoigné et cela n’aurait servi à rien. Le temps que les gardiens se déplacent, ils n’auraient rien pu faire », témoigne Frédéric, toujours fragilisé deux ans après les faits.

« Le viol en prison ? C’est banal, indique-t-il. Mais tout le monde s’en fiche. Il n’a pas la même ampleur qu’à l’extérieur. » Rares, les procès pour viol en milieu carcéral se tiennent le plus souvent devant un tribunal correctionnel bien qu’il s’agisse d’un crime. Un moyen de faciliter le témoignage des victimes, plus à l’aise que devant un jury d’assises. Mais cela permet aussi, selon le défenseur de Frédéric, « d’éviter à l’administration pénitentiaire de rendre publics ce genre de crimes commis au sein de ses établissements ».

Me Halimi déposera une requête devant le tribunal administratif contre le service public de la justice, coupable à ses yeux de manquements graves. « Tant que la chancellerie ne prendra pas la mesure des viols commis en milieu carcéral, cela continuera tous les jours. Aux Etats-Unis, 25 % des détenus sont violés. Je ne vois pas pourquoi les chiffres seraient différents en France », ajoute l’avocat. Le verdict était attendu mardi 17 mars.

Anne Rohou
Les violences en prison

Agressions entre détenus. L’administration ne recense pas les viols spécifiquement. Elle compte 464 agressions entre prisonniers en 2008, contre 367 en 2007. Ce chiffre est marqué par une importante sous-déclaration.

Suicides. Ils sont passés de 93 (+ 3 hors détention) en 2007 à 109 (+6 hors détention) en 2008, pour environ 64 000 détenus.

Agressions contre le personnel. 595 actes recensés en 2008, contre 491 en 2007.

Article paru dans l’édition du 18.03.09

Loi pénitentiaire – bras de fer entre Dati et les sénateurs

Le Sénat a adopté le projet de réforme des institutions le 17 juillet 2008.

La garde des Sceaux a défendu mardi son projet de loi pénitentiaire devant les sénateurs, en leur demandant de revenir sur certains de leurs amendements notamment concernant l’encellulement individuel.

L’avis du patron de l’USM sur LCI Radio : un « projet extrêmement décevant »

La présentation du texte avait été reportée à deux reprises. La garde des Sceaux, Rachida Dati, a défendu mardi son projet de loi pénitentiaire devant les sénateurs, assurant qu’elle « propose une vision apaisée du monde pénitentiaire », prenant mieux en compte les détenus. « Il propose de concevoir l’incarcération à partir de la personnalité du détenu et pas uniquement à partir de la peine » a-t-elle souligné. Il prévoit « de différencier les régimes de détention, de mettre en oeuvre des droits individuels issus notamment des règlements pénitentiaire européens » et « vise à favoriser les activités de formation et de réinsertion » a-t-elle détaillé. Pour la ministre, qui reconnaît que « les prisons françaises n’ont pas  toujours été à l’honneur de la France », avec son texte « la prison devient  humaine et tournée vers l’avenir ». Les prisons françaises, surpeuplées, ont notamment connu récemment une vague de suicides.

Plusieurs pierres d’achoppement

Sur les questions en débat avec la commission des Lois à majorité UMP, qui a considérablement remanié son texte, elle a plaidé pour revenir au projet initial sur plusieurs points. La commission a notamment affirmé le principe de l’encellulement individuel pour les prévenus et les condamnés, s’opposant à la « banalisation juridique de l’encellulement collectif » proposée selon les sénateurs par le gouvernement. Pour Rachida Dati, « il ne s’agit pas de dire à la place du détenu ce qui est bien pour lui » mais « d’offrir un véritable choix, entre cellule individuelle et  cellule collective ».

La garde des Sceaux a souhaité le retour à une durée maximale de 40 jours pour le placement en quartier disciplinaire, ramenée à 30 jours par la commission. « L’an  dernier, plus de 500 agents ont été agressés, je ne peux l’admettre, il faut des  sanctions exemplaires », a-t-elle dit. Elle s’est enfin opposée à la saisine du juge des référés par un détenu placé à l’isolement et à la reconnaissance d’un droit d’expression et de manifestation des personnels aligné sur celui des fonctionnaires.

« Dix ans que l’on attend cette loi pénitentiaire »

« Soyons nets, il y a deux textes, le texte initial de la chancellerie, décevant, et le texte de la commission des lois, qui comporte des avancées mais qui reste encore en retrait sur le droit commun et les règles pénitentiaires européennes », a pour sa part réagi Alain Anziani (Doubs) lors d’une conférence de presse du groupe PS. Il s’est inquiété de la volonté du gouvernement – qui a déposé 8 amendements –  de revenir sur les avancées de la commission des Lois.

L’ancien garde des Sceaux Robert Badinter a lui stigmatisé la procédure d’urgence (une lecture par assemblée) déclarée par le gouvernement sur ce texte.  « Cela fait 10 ans que nous attendons la loi pénitentiaire, après tant d’attente,  cela méritait qu’on ait droit à la discussion » a-t-il dit. Le groupe PS a demandé au président du Sénat Gérard Larcher qu’il sollicite la levée de cette procédure. Son homologue de l’Assemblée nationale, Bernard  Accoyer (UMP), s’est prononcé mardi matin pour cette levée. Selon les nouvelles règles du travail législatif, l’urgence peut être levée  si les présidents de l’Assemblée et du Sénat le demandent conjointement.

Dexter ou la justice Ultime

 

 

Dexter ou la justice Ultime

 

 

 

« Dexter », série américaine qui vous plonge dans le politiquement incorrecte aussi sûrement qu’il vous enfoncerait un couteau dans le ventre.

 

Visage angélique et beau sourire, Dexter est un sérial killer
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Dexter est une série télévisée américaine créée par James Manos Jr d’après le roman de Jeff Lindsay, Ce cher Dexter, et diffusée depuis le 1er octobre 2006 sur Showtime. En Belgique francophone, la série est diffusée depuis le 17 mars 2007 sur Be Séries et depuis le 22 mai 2008 sur RTL-TVI ; en France, depuis le 17 mai 2007 sur Canal+, et le sera après sur TF1 dans une version qui sera probablement allégée de certaines scènes.

Expert en analyse de traces de sang dans la police le jour, tueur en série la nuit, Dexter Morgan n’est pas exactement un citoyen américain comme les autres. Il porte, en effet, un lourd secret. Traumatisé dans sa plus tendre enfance puis recueilli par un officier de police de Miami, il se dit incapable de ressentir la moindre émotion. Incapable… si ce n’est lorsqu’il satisfait les pulsions meurtrières que son père adoptif lui a appris à canaliser : de fait, Dexter ne tue que les autres tueurs qui sont parvenus à échapper au système judiciaire, afin de protéger les innocents. Dexter se pose donc comme un véritable justicier de l’ombre, et bien que sa soif de tuer lui pèse, il parvient à mener une existence relativement normale et à sauver les apparences auprès de ses collègues, amis et petite amie.

. Un cocktail d’ingrédients pour une serial série !

La série reprend les lieux, les personnages et le début du roman Ce cher Dexter, cependant les auteurs de la série ont préféré se détacher de la fin de celui-ci et de ne pas suivre le deuxième roman, Le Passager noir. La série et le livre peuvent donc être considérés comme deux histoires sensiblement différentes.

Cette série marque le retour à la télévision de Michael C. Hall révélé dans Six pieds sous terre et de Julie Benz connue pour son personnage de Darla dans Buffy contre les vampires puis Angel.

Dexter reprend le thème du personnage à double visage, modèle professionnel d’un côté, tueur en série de l’autre, à l’instar du personnage de Patrick Bateman imaginé par Bret Easton Ellis dans le livre American Psycho, paru en 1991, adapté au cinéma en 1999 par Mary Harron. La première saison comporte plusieurs références à ce sujet :

  • en premier lieu, le générique de début rappelle fortement celui du film, jouant avec le thème de la couleur rouge, propre au sang, véritable s’agissant du générique de Dexter, simple pulpe de fruit dans American Psycho (Dexter y découpant par ailleurs également une orange sanguine) ;
  • plus explicitement, Dexter, afin d’obtenir des tranquilisants pour animaux, utilise le pseudonyme Patrick Bateman ;
  • de plus, dans l’épisode 1- 8 (Démystification [VF] / Shrink Wrap [VO]), Dexter, se rendant chez un psychanalyste, se fait alors appeler Sean Ellis. Sean étant le prénom du frère de Patrick Bateman (protagoniste du film Les Lois de l’attraction), Ellis le nom de son auteur précité.

L’épisode neuf se termine par un extrait de la chanson Have you ever seen the rain? de Creedence Clearwater Revival, déjà utilisé de la même manière à la fin du premier épisode de la série Cold Case.

La grève des scénaristes américains commencée en novembre 2007 a pour conséquence l’arrêt de la production de nombreuses séries, ce qui entraîne une pénurie d’épisodes inédits. Pour pallier en partie cela, CBS (Showtime appartient au conglomérat CBS Corporation) décide de diffuser la première saison de Dexter à partir du 17 février 2008. Les épisodes sont censurés de certaines scènes qui ne correspondraient pas à une diffusion grand public.

Le 21 octobre 2008, en pleine diffusion de la troisième saison la chaîne Showtime commande deux saisons supplémentaires de douze épisodes chacune. La production de la quatrième saison est prévue pour débuter au printemps 2009.

. Envisager la mort comme ultime outils juridique ?

Un héros qui s’est mis en quête de justice grâce à un don très particulier : celui de donner la mort.

La justice ne pourrait alors plus se passer de la mort pour véritablement exister, voilà le postulat que notre héros fait en observant la décadence du monde qui l’entoure et l’impuissance de la justice face au crime.

Est-ce alors une excuse pour tuer des criminels, semble-t-il avéré ?

Chez Dexter le meurtre est dans sa nature il sait qu’il devra tuer, cette faille judiciaire devient alors le prétexte tant attendu et totalement assumé. Dexter doué d’une intelligence hors-norme ne peut qu’être l’instrument de Dieu.

Ainsi il devient claire pour un téléspectateur avisé que seul ceux qui s’octroient un caractère divin peuvent donner la mort au nom de la justice.

Et serait-ce à dire que Les Etats-Unis et son gouvernement se considèrent comme la main de Dieu ?

La question qui se pose alors est effrayante de simplicité peut-on être saint d’esprit et pratiquer la peine de mort ?

 

 

. Une justice sans pitié dans un monde sans pitié !

Peut-on mener de front un travail de flic, une carrière de tueur et une tentative de vie personnelle lorsqu’on est dépourvu d’émotions ?

Le meurtrier qu’on aime aimer…

Miami, un médecin légiste particulièrement doué et méticuleux mène une vie calme et rangée. Il est très apprécié par ses collègues (sauf un) et attentif à son entourage. Pourtant sa gentillesse et son altruisme sont feints. Derrière son apparence de gendre idéal se cache en réalité un tueur. Il n’est pas vraiment sans pitié car ses victimes ont toutes fait quelques choses de mal : commettre un meurtre et échapper à la justice…
Outre l’originalité du scénario, il faut noter l’atmosphère toute particulière de la série. On est rapidement plongé dans l’histoire, on s’attache vite aux différents personnages, à leur vie respective ainsi qu’à la relation qu’ils entretiennent avec Dexter. Les amateurs du genre devraient être ravis par les aventures de ce jeune justicier/meurtrier…

Jennifer Carpenter, soeur de Dexter, flic ambitieuse et talentueuse jennifer-carpenter2

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Dexter et son collègue divorcé Angel sur le lieu d’un crime

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Doakes (Eric King) et Maria Laguerta(Lauren Velez), flic jusqu’au-boutiste et cheftaine de la brigade criminelledoakes2

 

 

 

 

 

 

 

 

. Donner des idées aux psychopathes en herbe ?

Personnellement j’adore cette série car elle est décalée, magnifiquement réalisée et pas puritaine pour un dollar (ce qui est généralement le défaut N°1 d’une série américaine), chacun peut y voir sa propre morale car au fur et à mesure de la série, de ses saisons et épisodes successifs, toutes les valeurs de Dexter ou des autres personnages se voient malmenées, détruites, modifiées…

J’entends maintenant ici une partie des spectateurs à tendance « bien à penser » faire la critique de cette admiration d’un héros serial killer.

En effet, tout est fait dans cette série pour que Dexter soit admirable, tant il est hors normes.

Alors, existe-t-il un danger réel que ce dernier soit imité par ses fans et que les palais de justice grouillent de serial killer aussi organisés que Dexter Morgan ?

Je ne peux ici pas répondre à cette question, peut-être en saurons nous un peu plus quand le jeu vidéo va sortir, car en effet, Mark Ecko Entertainment vient d’annoncer la mise en chantier d’un jeu vidéo basé sur la série Dexter. Les fans du serial killer auront donc bientôt le droit d’incarner le fameux Dexter Morgan et de rendre la justice à sa manière. Le jeu est actuellement en phase de pré-production, plus d’informations dès que possible…

. Dexter est-il vraiment inhumain et dépourvu d’émotions ?

Tout serait plus simple si Dexter Morgan était réellement dépourvu d’émotions comme il tente en vain de s’en persuader tout au long de cette série qui « kill » tout autre série du genre !

 

Non, le problème avec Dexter est sans doute que son inhumanité nous rappelle les faiblesses de notre humanité ?

 

 

 

Benjamin Brame

(pour intime conviction.fr)

 

 

 

 

 


 

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Détention à l'isolement : Ferrara débouté d'une requête devant le tribunal administratif

PARIS – Le tribunal administratif de Paris a débouté mercredi le braqueur multirécidiviste Antonio Ferrara qui réclamait en référé la suspension de son régime de détention à l’isolement en raison de la dégradation de son état de santé.

Son avocate, Me Nadia Moussif, demandait que ne soit pas exécutée une décision du 19 décembre 2008, par laquelle la garde des Sceaux Rachida Dati avait prolongé de quatre mois supplémentaires un placement à l’isolement systématiquement renouvelé depuis août 2003.

L’avocate avait produit un certificat médical attestant que « l’état psychologique et psychique (du braqueur) ne semble plus compatible avec un maintien à l’isolement », et insisté notamment sur l’absence de lumière du jour dans tous ses espaces de détention à Fleury-Mérogis, y compris la cour de promenade.

Or depuis le 21 novembre 2008, date du certificat établi par une unité de soins aux détenus, « l’Administration pénitentiaire a pris certaines mesures permettant notamment à l’intéressé d’accéder, quoique +de manière aléatoire+, à un lieu de promenade où pénètre la lumière du jour et de disposer de parloirs sans dispositif de séparation avec sa mère et sa compagne », indique l’ordonnance du tribunal dont l’AFP a obtenu copie.

La suspension d’urgence du placement à l’isolement n’étant pas justifiée, la requête est rejetée, ajoute le texte.

« C’est faux, quasiment rien n’a été fait depuis la date du certificat médical, on est très déçu », a réagi auprès de l’AFP Me Moussif, annonçant son intention de former un pourvoi devant le Conseil d’Etat.

Antonio Ferrara, 35 ans, auteur déjà de deux évasions – dont la dernière à Fresnes en 2003 lui a valu en décembre 17 ans de réclusion – est un des détenus les plus surveillés de France. Il avait été placé à l’isolement un mois après son arrestation en juillet 2003.

(©AFP / 11 février 2009 20h49)