20.02.2009, 04:50 – La Voix du Nord

C’est sans doute le point final de l’affaire « Adrien Lefebvre ». Saïd Rahili, membre malgré lui du pseudo gang de Roubaix accusé un temps d’avoir tué le Neufchâtelois en 2001, vient d’obtenir réparation devant le premier président de la cour d’appel de Douai. Une victoire même si rien ne lui rendra les 16 mois passés en détention.

PAR OLIVIER MERLIN

boulogne@lavoixdunord.fr ARCHIVES PHILIPPE PAUCHET

C’était le matin des épreuves du baccalauréat, le 12 juin 2002. Saïd Rahili voulait décrocher son bac STT, suivre des études supérieures… Mais un coup de sonnette en a décidé autrement. La gendarmerie débarque dans l’appartement familial de Roubaix pour l’arrêter. «  Il était accusé d’un meurtre », rappelle Me Jérôme Pianezza, avocat de Saïd Rahili. Dans la nuit du 30 au 31 octobre 2001, le jeune Adrien Lefebvre est retrouvé mort dans la décharge de la Dunette à Neufchâtel-Hardelot, abattu d’une décharge de fusil de chasse.

La juge d’instruction Déborah Bohée valide le travail des militaires : le gang de Roubaix a frappé et s’est vengé d’une dette de stupéfiants qu’Adrien (qui n’était pas dealer !) n’aurait pas honorée. Un pseudo gang en réalité, monté de toutes pièces par les gendarmes et les déclarations erronées des vrais coupables. Trois autres proches de Saïd seront interpellés, mais c’est bien lui qui passera le plus de temps en détention : plus de 16 mois en tout, à gamberger et à crier son innocence. Début 2003, un nouveau juge, Anne Morvant, reprend l’affaire à zéro et ne peut que remettre en liberté les quatre Roubaisiens, faute de preuves. Les téléphones portables des suspects n’émettaient aucun signal dans les relais du Boulonnais le soir du meurtre. Des confidences troublantes, en détention, de proches du dossier sèment aussi le doute chez le nouveau groupe d’enquêteurs qui est formé.

 Me Jérôme Pianezza a obtenu réparation pour son client Saïd Rahili qui était accusé à tort du meurtre d'Adrien Lefebvre en 2001. Me Jérôme Pianezza a obtenu réparation pour son client Saïd Rahili qui était accusé à tort du meurtre d’Adrien Lefebvre en 2001.

En janvier 2008, deux Neufchatellois sont renvoyés devant la cour d’assises du Pas-de-Calais. Olivier Caron, qui niait jusque-là toute implication, reconnaît le meurtre lors d’un coup de théâtre. Il écope de 30 années de détention. Saïd Rahili, mis hors de cause depuis plusieurs années, peut souffler pour de bon, il est « officiellement » innocent et mérite logiquement des réparations. «  Nous avons lancé une demande d’indemnisation devant le premier président de la cour d’appel de Douai, explique Me Jérôme Pianezza. Elle a été examinée dans des délais raisonnables. » Soit un peu moins de douze mois puisque la plus haute juridiction régionale a rendu son délibéré en décembre dernier et a accordé une somme «  convenable » que la victime veut garder secrète. «  Ça ne remplacera jamais seize mois de liberté, d’autant que cette audience est très administrative et n’est en aucun cas un pardon de la Justice », précise l’avocat. Des arguments ont pesé dans la décision du premier président : Saïd Rahili avait un casier vierge, effectuait des petits boulots et n’a jamais repassé le bac.

Aujourd’hui, il est encore très perturbé par l’affaire et tente difficilement de s’insérer dans le monde du travail. Les conséquences d’une détention abusive ? «  On peut le supposer », estime son avocat. •

Le 20/02/2009 à 11:35 | © AFP

Un jugement du tribunal de commerce de Paris ayant mis en liquidation judiciaire plusieurs sociétés d’un chef d’entreprises a été rétracté par la même instance quinze ans après, a-t-on appris de sources concordantes vendredi.

Le chef d’entreprise, Pierre Mouselli, 56 ans, demande à la justice, selon son avocat, Michaël Zibi, de le « rétablir dans ses droits ».

M. Mouselli est en lutte depuis plusieurs années contre la liquidation judiciaire de ses entreprises prononcée par le tribunal de commerce en juin 1993.

Il dirigeait alors trois sociétés de fourrure et était propriétaire d’une griffe réputée, Pierrot-le-Loup.

Le 12 janvier dernier, M. Mouselli a obtenu satisfaction auprès du tribunal de commerce à qui il demandait la révision du jugement de 1993.

Dans ses attendus, que l’AFP a consultés, le tribunal met en cause un juge du tribunal de commerce de l’époque qui a été en quelque sorte juge et partie dans cette affaire « en se nommant » par exemple juge-commissaire des trois sociétés de M. Mouselli.

Il dénonce des « manoeuvres particulièrement graves de ce juge » contre lui et relève « l’augmentation artificielle de l’état du passif » des trois sociétés tandis que l’actif a été « fortement minimisé » afin de « constater un état de cessation des paiements puis de transformer un redressement possible en liquidation judiciaire dans des conditions parfaitement anormales ».

Le tribunal, fait rare selon des spécialistes, dénonce les « circonstances inhabituelles » de la liquidation qui « caractérisent à l’évidence une grave fraude au sens » de l’article du Code de procédure pénale relatif à ces infractions.

Fort de cette décision, M. Mouselli veut « être rétabli » et a saisi la justice.

Selon une source proche du dossier, un juge a été saisi et « étudie cette demande ».

Cette source fait valoir que la brigade financière a déjà enquêté sur M. Mouselli, suite à une plainte de celui-ci pour « malversations ».

Selon le rapport de synthèse de la police datant de 2008, consulté par l’AFP, ces malversations n’ont pas été mises en évidence par la financière.

Un homme de nationalité anglo-canadienne a été arrêté par les agents des douanes, mercredi, alors qu’il s’apprêtait à prendre le ferry à Roscoff. Il avait dissimulé 800 g d’herbe de cannabis dans le moteur de son véhicule. « Un ami me l’a donnée, a expliqué, hier, le papy au tribunal de Morlaix. Je savais que c’était illégal, c’est pour cette raison que je l’avais cachée. Cette herbe était destinée à mon usage, je consomme depuis longtemps trois ou quatre joints par jour. » Les douaniers ont aussi trouvé 900 € en espèces. « Il n’a pas le profil d’un délinquant. Il a d’ailleurs annoncé qu’il allait se soigner », a souligné la défense. Le tribunal l’a condamné à six mois de prison avec sursis, et ordonné la restitution du véhicule dans lequel il vit.