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Affaire Bianco-Menaï : braquages en série sur la Côte et en Suisse, l'un nie, l'autre avoue

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Avec des policiers suisses à la barre des témoins, la première journée du procès devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes de Laurent Bianco, 33 ans, et Georges Menaï, 38 ans, accusés de braquages a été vraiment délocalisée.

Et pour une simple raison : les deux hommes, installés au Cannet et à Mandelieu avaient été interpellés en Suisse où ils sont suspectés de braquages et sont jugés pour ces faits en France, comme la loi le permet. D’autant plus d’ailleurs que Georges Menaï, incarcéré en Suisse, était parvenu à s’enfuir et avait été repris en France à Cannes-la-Bocca. Les deux hommes avaient attiré l’attention à proximité d’une agence bancaire à l’enseigne Raiffeisen. « Pourtant nous ne faisions que dormir dans ma voiture », s’est exclamé Georges Menaï qui nie toute participation. Cependant dans leur véhicule, les policiers avaient mis la main sur un pistolet et un revolver. Et au terme de leur enquête, les mêmes limiers avaient fixé « l’activité » dans leur canton : deux braquages (butin de 390 000 euros) et une tentative.

En voyage d’affaires

Ce qui allonge la liste des attaques qui leur sont reprochées en France en 2005 : six commises à Antibes, Peymeinade, Grasse, Mougins, Fayence et Callian, exclusivement dans des bureaux de poste pour un butin d’environ 110 000 euros.
Mais du côté des accusés, l’explication des raids suisses est restée très divergente. Laurent Bianco a reconnu sa participation aux braquages… avec un complice qui n’était pas Georges Menaï. Car ce dernier a expliqué qu’il était en voyage d’affaires : « Moi, je restais à l’hôtel ou je faisais le tour des garages. Les voitures y sont deux fois moins chères ! » L’ancien jardinier a expliqué qu’il voulait créer une société d’importation-vente de véhicules. La présidente Anne Segond a bien tenté de le pousser dans ses retranchements. Mais Georges Menaï, à la stature large et solide, est resté sur ses bases. D’autant mieux que Laurent Bianco qui avait, dans un premier temps, livré son nom, est resté sur la piste d’un autre complice… anonyme. « Les policiers suisses m’avaient montré des dépositions où Farid (NDLR Georges Menaï) m’accusait, je me suis vengé, j’ai dit n’importe quoi. »

La procédure suisse attaquée

Là encore la présidente Anne Segond a tenté, sans résultat, d’obtenir davantage : « Comment faisiez-vous les repérages ? Pourquoi aviez-vous besoin de Farid pour voyager ? » Enfin cette procédure suisse a d’ailleurs fini par créer un incident : les avocats de Laurent Bianco et Georges Menaï (Mes Ginez, De Vita et Sivan) ont dénoncé un système judiciaire « qui ne garantit pas les droits fondamentaux ». L’avocat général Thierry Bonifay est monté au créneau pour rappeler la parfaite « légalité » de la procédure. Les débats s’étaleront jusqu’à vendredi et toutes les victimes, parties civiles, seront également entendues comme témoins.

R. D.


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