[dailymotion]http://www.dailymotion.com/video/xdokjz_michele-alliot-marie-france-inter_news#from=embed?start=8[/dailymotion]

AP PierreAntoine Souchard

Cinq hommes considérés comme proches de la mouvance islamiste radicale seront jugés à partir de lundi par la cour d’assises spéciale de Paris pour « vol avec armes en bande organisée » et « financement du terrorisme ». Ils sont soupçonnés d’avoir organisé une fausse prise d’otage d’un employé de la Brink’s en mars 2004 qui aurait en fait servi à dérober plus d’un million d’euros pour financer un mouvement terroriste marocain.

Le procès d’Hassan Baouchi, des frères Zinedine et Djamel Khalid, de Fred Gustave et Abdelnasser Benyoussef doit se poursuivre jusqu’au 2 juillet. En matière de terrorisme, la cour d’assises est exclusivement composée de magistrats. Si les deux premiers accusés sont en détention provisoire depuis 2004, les deux autres sont libres et le cinquième est emprisonné en Algérie où il a été interpellé avec des billets provenant de ce vol.

L’affaire a débuté le 1er mars 2004 lorsque Hassan Baouchi, un ancien employé de la Brink’s chargé de la maintenance des distributeurs de billets, appelle son employeur depuis les locaux d’une agence de la Société générale au Blanc-Mesnil (Seine-Saint-Denis) où il dit avoir été enfermé.

Aux enquêteurs, il explique avoir été agressé vers 2h du matin dans sa voiture personnelle devant la gare de Drancy et enlevé par quatre personnes armées. Trois des malfaiteurs le forcent à leur remettre les fonds de trois distributeurs de trois agences. Plus d’un million d’euros seront dérobés.

Une histoire à laquelle ne croient guère les policiers, les employés de la Brink’s disposant de nombreux moyens pour donner l’alerte. C’est un proche de la famille Baouchi, Fred Gustave, un Antillais converti à l’Islam, gérant de la mosquée d’Aulnay-sous-Bois, qui a révélera l’affaire aux enquêteurs en novembre 2004.

Arrêté, Hassan Baouchi reconnaîtra les faits. Les fonds dérobés auraient servi à financer le Groupe islamique combattant marocain (GICM) pour des actions à l’étranger. Hassan Baouchi est le frère de Mustapha Baouchi, chef présumé de la cellule française du GICM démantelée en avril 2004.

Quelques jours après l’incarcération de Baouchi, Zinedine Khalid et son frère Djamel seront mis en examen et écroués pour leur participation à ce faux braquage. Zinedine Khalid a déjà écopé de dix ans ferme dans l’affaire des filières tchétchènes. Ce djihadiste présumé a effectué plusieurs voyages en Géorgie et dans le Caucase. Leur autre frère, Redouane, fait partie des six Français qui avaient été arrêtés en Afghanistan et transférés sur la base américaine de Guantanamo.

Mustapha Baouchi a été condamné le 11 juillet 2007 par le tribunal correctionnel de Paris à une peine de dix ans d’emprisonnement et une interdiction définitive du territoire français pour avoir monté un réseau de soutien logistique et financier aux auteurs des attentats de Casablanca de mai 2003. AP

AP

Huit ans après son départ de la présidence de Vivendi Universal (VU), l’ancien PDG du groupe Jean-Marie Messier, 53 ans, alias « J2M », comparaît à partir de mercredi, et jusqu’au 25 juin, devant le tribunal correctionnel de Paris aux côtés de six autres prévenus, dont l’ancien vice-président exécutif de Vivendi, Edgar Bronfman Jr, pour une série de délits boursiers et pénaux présumés. Lire la suite l’article

En 2001, Jean-Marie Messier est au faîte de sa gloire, s’affiche à la « Une » des médias, dont l’hebdomadaire français « Paris-Match » où il arbore une paire de chaussettes trouées. Sous sa présidence, la Compagnie générale des Eaux est devenue un géant mondial de la communication et des médias, rebaptisée par la suite Vivendi Universal.

En juillet 2002, celui à qui tout réussissait est contraint à la démission après l’annonce de pertes faramineuses, près de 14 milliards d’euros en 2001. Les petits porteurs, qui ont déposé plainte, le soupçonnent d’avoir menti sur le niveau d’endettement du groupe après le rachat de Seagram. En octobre de la même année, le parquet de Paris ouvre une information judiciaire. En juin 2004, Jean-Marie Messier, que les « Guignols de l’info » ont surnommé « J6M » -Jean-Marie Messier moi-même maître du monde- est mis en examen.

Au total, six autres personnes sont poursuivies dans ce dossier complexe et technique: l’ancien général adjoint et directeur financier de VU, Guillaume Hannezo, 49 ans, Hubert Dupont-Lhotelain, 56 ans, et François Blondet, 44 ans, respectivement trésorier et trésorier-adjoint du groupe, et Eric Licoys, 71 ans, ex-directeur général de VU. L’ancien président d’une filiale aujourd’hui dissoute de la Deutsche Bank, Philippe Guez, 49 ans, et Edgar Bronfman Jr, 55 ans, sont également jugés.

En janvier 2009, le procureur de la République a requis un non-lieu général, estimant que les charges n’étaient pas suffisamment caractérisées à l’encontre des mis en examen. Mais en octobre dernier, le juge d’instruction, qui a toutefois abandonné une partie des incriminations, a ordonné leur renvoi devant le tribunal correctionnel.

Que reproche-t-on aux prévenus? Les délits imputés à « J2M » sont de trois ordres: « diffusion d’informations fausses ou trompeuses sur les perspectives ou la situation d’un émetteur » de 2000 à 2002, « manipulation de cours » en 2001 et « abus de biens sociaux » pour un parachute doré d’environ 20 millions d’euros auquel il a finalement renoncé.

Guillaume Hannezo sera jugé pour « diffusion d’informations fausses ou trompeuses sur les perspectives ou la situation d’un émetteur » de 2000 à 2002, « manipulation de cours » en 2001 et « délit d’initié ». Une incrimination retenue contre Edgar Bronfman.

« Jean-Marie Messier est déterminé à montrer l’inéquité des poursuites », a déclaré son avocat, Me Pierre Haïk, à l’Associated Press. Le ministère public devrait demander la relaxe des prévenus.

En juin 2005, la cour d’appel de Paris a réduit l’amende infligée par l’Autorité des marchés financiers (AMF) à Jean-Marie Messier d’un million à 500.000 euros pour des informations inexactes sur la situation financière du groupe en 2001 et 2002.

Ce procès intervient moins de six mois après la décision d’un tribunal américain qui a condamné Vivendi pour sa communication financière mais relaxé Jean-Marie Messier et Guillaume Hannezo. AP