Six des sept membres du « gang des lessiveurs » ont été condamnés à des peines de 5 à 16 ans de prison.

Le palais de justice de Lyon, AFP

Le palais de justice de Lyon, AFP

Six des sept membres du « gang des lessiveurs« , accusés d’avoir volé de l’argent et nettoyé les billets volés pour en ôter l’encre émise par les systèmes de sécurité, ont été condamnés vendredi 29 janvier à Lyon à des peines de cinq à 16 ans de prison ferme par la cour d’assises du Rhône.
Après une dizaine d’heures de délibéré durant lesquelles les jurés avaient eu à répondre à près de 300 questions, la cour a prononcé l’acquittement de la seule accusée, les six hommes ayant été condamnés à des peines s’étalant de cinq ans d’emprisonnement ferme à 16 ans de réclusion criminelle.

Un préjudice à 1,5 million d’euros

Mercredi, l’avocat général Christian Roussel avait requis des peines d’un an avec sursis à 22 ans de réclusion criminelle contre les sept accusés, qui comparaissaient depuis le 14 janvier pour une quinzaine de vols avec armes, certains avec prise d’otages, entre 2003 et 2006, avec un préjudice total évalué à plus d’un million et demi d’euros.
Serge Quemin, 44 ans, le bras droit du chef du gang – une figure du banditisme lyonnais qui s’était donné la mort au terme d’une violente course-poursuite avec les gendarmes, en Isère le 30 mars 2006 – faisait figure de principal accusé, et encourait une peine plus élevée dans la mesure où il était accusé de tentative de meurtre sur des gendarmes.
Mais les jurés ont requalifié cette dernière accusation en simple violence avec arme contre les militaires.

8 ans d’emprisonnement pour Jean Pierre Borys

L’avocat de ce dernier, Bertrand Sayn, a fait part de sa satisfaction et a indiqué qu’il ne ferait pas appel. Un autre comparse de Quenin, Hervé Carrier, a été condamné lui aussi à 16 ans de réclusion criminelle. Les quatre autres à des peines de cinq ans d’emprisonnement à 11 ans de réclusion criminelle.
Jean-Pierre Borys, récidiviste qui faisait figure d’accusé numéro deux, n’a finalement été condamné qu’à huit ans d’emprionnement, les jurés ne retenant contre lui que le délit de recel.
Le gang, qui sévissait surtout en Rhône-Alpes, avait mis au point une technique permettant de « lessiver » les billets volés, contenus dans des valises sécurisées réputées inviolables: lors de toute ouverture frauduleuse, une encre indélébile maculait l’argent.
Les « lessiveurs » introduisaient de l’huile dans les valises avant la libération de l’encre, afin que l’encre glisse sur les billets ainsi enduits sans trop les tâcher. Une fois lessivés pour les débarrasser de l’huile et des traces d’encre, les billets étaient écoulés, principalement dans des casinos auvergnats et lyonnais.

(Nouvelobs.com)

NOUVELOBS.COM | 30.01.2010 | 11:49

L’Assemblée nationale tchadienne à Ndjamena.

AFP / Issouf Sanogo
Par RFI

L’Assemblée nationale tchadienne a donné son accord, jeudi 28 janvier 2010, à la mise en accusation pour corruption de trois membres du gouvernement soupçonnés d’être compromis dans le scandale de détournement de fonds au ministère de l’Education et dans d’autres institutions publiques. Cette affaire avait déjà conduit à l’inculpation de l’ancien secrétaire général de la présidence, Haroun Kabadi, et numéro deux du parti au pouvoir, le Mouvement patriotique du salut (MPS).

Les députés tchadiens ont donc examiné la requête de la Cour suprême d’envoyer devant la justice six ministres, accusés d’avoir reçu des pots-de-vin. C’est la suite d’une affaire de 2 milliards de francs CFA (3 millions d’euros), destinés à l’achat de manuels scolaires, qui ont été détournés. Trois de ces ministres ont été mis en accusation et les trois autres ont été relaxés faute de charges suffisantes.

Les trois ministres mis en accusation ont été immédiatement suspendus. Il s’agit, notamment, du ministre de l’Education Abdérahmane Koko. Un commerçant, à l’origine des pots-de-vin, lui aurait donné 60 millions de FCFA (près de 91 000 euros) par l’entremise du directeur administratif et financier du ministère.

Le ministre Secrétaire général du gouvernement, Limane Mahamat, aurait, lui, reçu plusieurs fois de l’argent du même commerçant. Le rapport mentionne un chèque de 75 millions de FCFA (114 000 euros) qu’un employé de banque aurait touché à son profit. Enfin, le secrétaire d’Etat aux Finances et Budget, Oumar Boukar Gana, qui aurait reçu de l’argent à plusieurs reprises. La police a versé au dossier des rapports d’écoute téléphoniques entre Oumar Boukar Gana et le commerçant en cause. Ce dernier a été arrêté en octobre 2009. Les trois ministres mis en accusation rejoignent ainsi le député Mahamat Tahir Akhil dont l’immunité a été levée la semaine dernière mais que la police ne retrouve pas. Il n’a pas répondu aux convocations du juge en charge de l’affaire.

Les députés ont été trop divisés sur les cas du ministre de la Santé, le Dr Ngombaye Djaïbé, de son collègue des Finances, Gata Ngoulou, ainsi que de la secrétaire d’Etat en charge de l’alphabétisation, Khadidja Hassabalah, qui n’ont donc pas été mis en accusation.

AP

Le procès des dix personnes en situation irrégulière, jugées devant le tribunal correctionnel de Paris pour l’incendie du Centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, le 21 juin 2008, reprendra lundi prochain pour au moins cinq nouvelles journées d’audience. Il devait initialement durer trois jours et se terminer ce mercredi soir. Lire la suite l’article

Le tribunal a également décidé, en toute fin d’audience, de libérer sous contrôle judiciaire le seul prévenu qui comparaissait détenu, comme requis par le ministère public.

Mercredi, cinq suspensions d’audience ont encore émaillé les débats, dont deux pendant les 15 premières minutes: un témoin a manqué de respect à la présidente Nathalie Dutartre, puis une avocate de la défense lui demandait de faire rentrer le public qui était à l’extérieur de la salle.

La présidente venait d’annoncer le rejet par le premier président de la cour d’appel du changement de composition du tribunal demandé par la défense. L’avocate d’un des prévenus avait demandé, lundi, le changement de composition car la présidente était juge d’instruction en 2005 dans une autre affaire concernant l’un des prévenus.

Après le refus de Mme Dutartre de se destituer, mardi, l’avocate avait annoncé vouloir déposer une demande de récusation auprès du premier président de la cour d’appel, avec l’aval de ses confrères de la défense.

Mercredi, les débats ont enfin pu débuter mais en balbutiant. Me Irène Terrel, l’avocate d’un des six prévenus présents au procès, a demandé un supplément d’information, jugeant l’instruction du dossier incomplète. « On ne va pas accepter des sous-droits avec des sous-mis en examen pour une sous-justice », a-t-elle dénoncé.

Elle a demandé une expertise technique concernant l’incendie, une enquête sur la personnalité des prévenus, un transport sur les lieux et le visionnage de la trentaine d’heures de vidéosurveillance, l’un des principaux éléments à charge de l’ordonnance de renvoi.

La présidente a retenu le visionnage mais a refusé les autres demandes, comme requis par le procureur Gilbert Flam pour qui « le fond du dossier ne nécessite pas une autre instruction ».

Les dix prévenus doivent répondre de leur implication présumée dans l’incendie et le saccage du CRA de Vincennes, le plus grand de France. Ils n’étaient que six lundi dans la salle d’audience, et tous nient avoir participé à l’incendie. Ces dix étrangers originaires d’Afrique noire et du Maghreb ont été renvoyés par le juge d’instruction Alain Nguyen, qui a suivi le réquisitoire du parquet, pour « destruction de biens par incendie » et « violence volontaire sur agent de la force publique ».

La journée de lundi prochain devrait permettre de fixer un nouveau calendrier des audiences de ce procès. AP

AFP 27.01.10 | 01h00

Un tribunal pénal guatémaltèque a ordonné l’incarcération de l’ex-président Alfonso Portillo, qui a été arrêté mardi et dont les Etats-Unis demandent l’extradition pour détournement de fonds et blanchiment d’argent.

Le tribunal a ordonné son incarcération dans l’attente de recevoir des Etats-Unis, dans un délai de 40 jours, les preuves correspondantes à ces accusations.

L’ancien président a été arrêté mardi sur un plage caribéenne à Punta de Palma (nord-est), alors qu’il tentait de gagner par bateau le Belize.

Les Etats-Unis ont déjà envoyé une demande d’extradition au Guatemala, où il est également poursuivi pour corruption.

Selon l’acte d’accusation américain, l’ex-dirigeant « a détourné entre 2000 et 2004, alors qu’il était en fonction, des dizaines de millions de dollars de fonds publics, et une bonne partie a transité à travers des comptes en banque américains et européens. »

AFP 26.01.10 | 19h54

Le procès en appel d’Ali Hamza Ahmad al-Bahlul, un des rares détenus de la prison américaine de Guantanamo à avoir été condamné par un tribunal militaire d’exception pour son soutien à Al-Qaïda, s’est ouvert mardi devant la cour d’appel fédérale de Washington.

Le gouvernement américain lui prête la paternité de l’offensive médiatique lancée à la fin des années 1990 par Oussama ben Laden, notamment une vidéo datant d’octobre 2000 qui avait pour objectif de « recruter et d’endoctriner du personnel pour aider » Al-Qaïda.

Ali Hamza al-Bahlul, un Yéménite d’une quarantaine d’années, a été condamné fin 2008 à la prison à vie pour « incitation au meurtre » et « soutien au terrorisme », entre autres.

En l’absence de l’accusé lors de l’audience de mardi, c’est son avocat Michel Paradis, un civil, qui l’a représenté.

Me Paradis s’est attaché à contester la compétence des tribunaux militaires d’exception – voulus et mis en place par l’administration de George W. Bush – pour condamner son client.

S’il est indéniable que la vidéo en question « plaide pour la violence, l’antisémitisme et la violence contre les femmes », en revanche, elle n’appelle personne à organiser une attaque en particulier.

De plus, a observé Me Paradis, l’accusé peut se prévaloir du premier amendement de la Constitution américaine – qui garantit la liberté d’expression – pour exposer son opinion comme bon lui semble.

En conséquence, Ali Hamza Ahmad al-Bahlul devrait, selon lui, être rejugé par un tribunal civil. « Les tribunaux fédéraux sont prêts à juger » des cas tels que celui de son client, a-t-il lancé aux trois juges de la cour d’appel.

Argument rejeté par l’accusation, qui, en la personne du capitaine Edward White, a qualifié la vidéo d' »incitation à la violence » et estimé que, M. al-Bahlul étant un « ennemi combattant », le gouvernement américain était dans son bon droit lorsqu’il a soumis l’accusé à un procès devant un tribunal militaire.

En revanche, l’association Human Rights Watch (HRW), dont une représentante était présente à l’audience, a repris la position de l’avocat de M. al-Bahlul à son compte.

« Si certaines personnes accusées d’avoir commis les crimes horribles du 11-Septembre vont être jugées par un tribunal fédéral (civil), alors M. al-Bahlul devrait sans aucun doute avoir le droit d’être lui aussi jugé par un tribunal civil », a déclaré à l’AFP Andrea Prasow.

Elle faisait référence aux cinq hommes accusés d’avoir organisé les attentats du 11 septembre 2001 – dont le cerveau auto-proclamé Khaled Cheikh Mohammed – et qui doivent bientôt jugés par un tribunal de droit commun à New York.

Ali Hamza Ahmad al-Bahlul avait été fait prisonnier en 2001 par l’armée pakistanaise et remis aux autorités américaines.

Transféré à Guantanamo en 2002, il n’a jamais reconnu la légitimité de ses juges et a refusé à plusieurs reprises d’être défendu par un avocat. Volontiers provocateur, il avait comparu à une audience muni d’une pancarte où le terme « boycott » était inscrit à la main, en anglais et en arabe.

La cour d’appel devrait rendre son arrêt « d’ici un mois », a dit un représentant du Pentagone à l’AFP, sous couvert d’anonymat

AFP 26.01.10 | 18h40

Un jeune homme de 21 ans a été condamné mardi par le tribunal d’Evry, en comparution immédiate, à un an de prison ferme pour avoir tenté lundi de faire passer du cannabis à l’un des accusés d’un procès qui se tient à la cour d’assises d’Evry, a-t-on appris de source judiciaire.

Le tribunal d’Evry a condamné le jeune homme à quatre ans de prison dont trois avec sursis, et mise à l’épreuve pendant deux ans. « Il s’agit de la peine plancher », a précisé cette source judiciaire.

Le jeune homme, condamné pour des faits similaires en décembre à de la prison ferme, a été placé sous mandat de dépôt.

Originaire d’Etampes (Essonne), il a tenté lundi, lors du procès devant la cour d’assises d’Evry de sept personnes soupçonnées d’avoir organisé en mars 2007 un guet-apens contre des policiers à Etampes de passer du cannabis à un de ses amis qui se trouvait dans le box des accusés. Son geste a été repéré par les policiers chargés de la surveillance

Y a-t-il un problème avec une juge d’instruction de Nanterre, chargée d’enquêter sur la mort d’un sans-papier malien le 24 janvier 2005 ? Cet homme, interpelé pour séjour irrégulier, est décédé durant sa garde à vue à Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine. La version des policiers ne correspondrait pas avec celle des médecins légistes, mais la juge n’aurait pourtant pas donné suite.

En août 2009, à la suite du versement au dossier d’un complément d’expertise de l’Institut médico-légal (IML) contredisant la version policière, le parquet de Nanterre avait demandé à la juge d’instruction Béatrice Deshayes d’entendre les experts et des policiers en poste lors du drame. »La juge d’instruction n’a répondu ni à ma demande de mise en examen des policiers, ni aux demandes du parquet », dénonce l’avocat.
Le parquet a confirmé qu’aucun acte n’est intervenu depuis août dernier.
« On en enfin des éléments objectifs et elle prend la décision délibérée de ne rien faire », dénonce l’avocat, qui « examine » la possibilité de demander la récusation de la magistrate ou de demander qu’un second magistrat instructeur soit saisi à ses côtés.
Selon la version policière, Abou Bakari Tandia, interpellé le 4 décembre pour séjour irrégulier, se serait volontairement cogné la tête contre la porte de sa cellule, provoquant lui-même son coma.
Mais dans leur rapport, les trois experts de l’IML ont constaté que « nulle part » dans les différents dossiers n’apparaît « une lésion traumatique crânienne ou crânio-faciale par choc direct contre un plan dur ».
De plus, en raison de « l’exiguïté de la cellule », « la déclaration » d’un gardien de la paix « qui aurait assisté à la projection de la victime contre la paroi de la cellule de la garde à vue est peu compatible avec les constatations médicales et médico-légales », écrivaient-ils également.
Dans un rapport précédent, les experts de l’IML, qui n’avaient pu accéder qu’à une partie du dossier médical, avaient évoqué un « choc de la tête contre un plan dur », dont l’origine ne pouvait « être déterminée ».
Samedi, l’association Vérité et Justice pour Abou Bakari Tandia et Amnesty International distribueront entre 11h et 17h dans le centre de Courbevoie une pétition sous forme de lettre à la Garde des Sceaux.
A l’occasion du 5e anniversaire de la mort du Malien, le texte demande à Michèle Alliot-Marie « de veiller à ce que l’enquête en cours soit poursuivie sans délai ».

Auteur : Chloé Triomphe

NOUVELOBS.COM | 26.01.2010 | 10:03

De plus en plus de gardes à vue sont annulées en France. En cause : l’absence d’avocats. La prochaine réforme de la procédure pénale va-t-elle changer les choses ? L’enquête de Nouvelobs.com.

Michèle Alliot-Marie estime que "les droits de la défense seront mieux garantis" dans le cadre de la réforme de la procédure pénale. (AFP)

Michèle Alliot-Marie estime que « les droits de la défense seront mieux garantis » dans le cadre de la réforme de la procédure pénale. (AFP)

Le rapport de force entre avocats et policiers sur les conditions de la garde à vue entre dans un moment décisif. La décision, jeudi dernier, de la cour d’appel de Nancy de refuser de prendre en compte des procès verbaux de garde à vue dans une affaire de stupéfiants, au motif que les deux suspects n’avaient pu rencontrer leur avocat avant la 72e heure, montre qu’une clarification des textes s’impose. A Bobigny aussi, des magistrats ont récemment exigé la présence des avocats des suspects dès le début de la garde à vue, s’appuyant sur des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH). Des officiers de police ont alors refusé de procéder aux interpellations demandées. Les opérations liées à des affaires de stupéfiants ont dû être annulée suite à ce désaccord. De même, la cour d’appel de Rennes a annulé une procédure car les auditions avaient débuté avant l’arrivée de l’avocat. Avec d’autres, ces arrêts font jurisprudence sans que le ministère de la Justice en tire concrètement les conséquences. Dans un entretien à La Croix, Jean-Paul Costa, président de la CEDH rappelle que si, pour le moment, les arrêts de la Cour européenne ne lient que les Etats directement visés par la plainte, il faut « arrêter de jouer à cache-cache. Les Etats ne doivent pas attendre que des dizaines de justiciables déposent des recours à Strasbourg pour réviser leurs lois ». Interrogé par Nouvelobs.com lundi 25 janvier, Matthieu Bonduelle, secrétaire général du Syndicat de la Magistrature, estime de son côté que, si elle n’est pas modifiée, la prochaine réforme de la garde à vue préparée par le ministère de la Justice se heurtera rapidement aux récents arrêts de la CEDH.
Alors que Michèle Alliot-Marie finalise la réforme de la procédure pénale, le Syndicat des Avocats de France et le Syndicat de la Magistrature estiment que, telle qu’elle se profile, la réforme de la garde à vue n’ira pas assez loin. Promis pour la première semaine de février, le texte n’a toujours pas pu être visé par les syndicats. « Nous n’avons même pas été consultés » s’indigne Matthieu Bonduelle. Le directeur de cabinet de Michèle Alliot-Marie avait promis des « fenêtres de concertations » en cours d’élaboration du texte : il n’y en a pas eu le moindre rendez-vous. Cette absence de concertation ne surprend pas le Syndicat des Avocats de France puisque les travaux du ministères étaient clairement présentés comme confidentiels.

Explosion des gardes à vue

Si la Garde des Sceaux prétend en limiter l’expansion, le nombre de gardes à vue atteint pour le moment des records : 577.816 personnes se sont retrouvées dans cette situation en 2009, soit une augmentation de 35,42 % en cinq ans. Pour Jean-Louis Borie, président du Syndicat des Avocats de France, cette explosion s’explique par la politique du gouvernement pour lequel « la culture du chiffre est devenue synonyme d’efficacité ». Le nombre de gardes à vue fait désormais partie des éléments pris en compte pour déterminer l’efficacité d’un commissariat. L’hypothèse d’une modification du texte rassure Jean-Louis Borie : « Si on obtient des garanties procédurales, ça les calmera! »
Actuellement, lors d’une garde à vue décidée par un fonctionnaire de police ou un gendarme, l’avocat est présent au début de la mesure pour une visite d’une demi-heure. Il n’a alors pas accès au dossier ni aux interrogatoires. Dans les cas de délinquance ou de criminalité organisée, l’avocat ne peut intervenir qu’au bout de 48 heures et au bout de 72 heures pour les affaires de stupéfiants et de terrorisme. Dans tous les cas, l’avocat n’assiste pas aux interrogatoires et n’a pas accès au dossier de son client.

Une réforme incomplète

La réforme présentée par Michèle Alliot-Marie devrait prendre en compte les recommandations du comité de réflexion présidé par Philippe Léger. Sur cette base, peu de choses devraient donc changer alors que pour Jean-Louis Borie, il y a vraiment urgence à modifier en profondeur les conditions de la garde à vue. Le rapport Léger se contente en effet de donner à l’avocat la possibilité de revenir au bout de la 12e heure de garde à vue et d’avoir accès aux procès verbaux des auditions. Après 24 heures, l’avocat pourrait assister aux auditions.
Les demandes du Syndicat des avocats et du Syndicat de la Magistrature vont beaucoup plus loin. Matthieu Bonduelle explique que son syndicat réclame la présence de l’avocat du début jusqu’à la fin des audiences. De plus, l’avocat devrait avoir accès à tout le dossier et non pas seulement aux PV d’audition. Le Syndicat de la Magistrature veut aussi qu’il n’y ait plus de différence entre les affaires et demande la suppression des 72 heures de garde à vue pour les affaires de terrorisme : « C’est 48 heures, point ». Jean-Louis Borie réclame, lui aussi, la suppression des régimes dérogatoires. Ce dernier précise que si l’avocat doit être présent à tous les stades de la garde à vue, il faut en assumer les complications mais que sur ce point là, au moins, ce sera aux avocats de s’organiser. Il faut donc une réforme procédurale mais aussi une réforme sur le financement des avocats, et là, ce sera l’affaire de l’Etat. Jean-Louis Borie évoque la piste d’une taxe sur les contrats de protection juridique.

Surdité gouvernementale

Face à l’augmentation des recours devant la CEDH et des arrêts des cours d’appel, Matthieu Bonduelle s’étonne de la « surdité gouvernementale ». Michèle Alliot-Marie estime que « les droits de la défense seront mieux garantis » dans le cadre de la réforme de la procédure pénale. Elle a annoncé que les avocats pourront assister aux auditions des suspects lors des renouvellements de garde à vue, et que « l’aveu en garde à vue sera insuffisant pour justifier à lui seul une condamnation ». Les demandes des syndicats ne sont pourtant pas prises en compte et Matthieu Bonduelle pense que « le gouvernement va au devant de grandes difficultés« . Et d’ajouter : « Ils veulent à tout prix faire passer les réformes voulues par le président, peu importe le reste ». Le Syndicat de la Magistrature se désole d’autant plus que ces méthodes sont contraires aux promesses de dialogue social de Michèle Alliot-Marie. « Elle prétendait faire oublier les dérives de l’équipe précédente mais il n’y a pas plus de dialogue social qu’avec Rachida Dati », conclut Matthieu Bonduelle.

(Louis Morice – Nouvelobs.com )

AP

Le procès des dix personnes en situation irrégulière jugées devant le tribunal correctionnel de Paris pour l’incendie du Centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes le 21 juin 2008 n’a pas vraiment pu débuter lundi.

La présidente Nathalie Dutartre a décidé de suspendre l’audience jusqu’à mardi, l’avocate d’un des prévenus ayant demandé le changement de composition des juges. La présidente était juge d’instruction en 2005 lorsqu’elle a traité une autre affaire concernant l’un des prévenus.

Pour le procureur Gilbert Flam, « il n’y a pas de problème d’impartialité ». « Cela a été écarté par la cour européenne des droits de l’Homme » mais il y a un « ressenti » du prévenu, a-t-il dit. Les juges doivent décider de poursuivre ou non en l’état, mardi, lors de la reprise de l’audience, à 13h30.

Auparavant, elle avait déjà été suspendue pendant près de deux heures dans une ambiance électrique. Un des détenus en situation irrégulière avait été arrêté et placé en garde à vue alors qu’il tentait de se rendre au tribunal. Il a fallu attendre qu’il arrive.

A la reprise, ce sont les nombreux membres du public qui n’avaient pas pu prendre place dans la salle d’audience qui se sont fait entendre en scandant « la justice à huis clos » devant des gendarmes visiblement tendus.

Les dix prévenus doivent répondre de leur implication présumée dans l’incendie et le saccage du CRA de Vincennes, le plus grand de France. Ils n’étaient que six lundi dans la salle d’audience. Tous nient avoir participé à l’incendie. Mais selon l’ordonnance de renvoi, les caméras de vidéosurveillance en ont filmé certains qui pénétraient dans une chambre où avaient été entassés des matelas et des draps ; l’un d’eux était muni d’un torchon enflammé.

Ces dix étrangers originaires d’Afrique noire et du Maghreb ont été renvoyés par le juge d’instruction Alain Nguyen, qui a suivi le réquisitoire du parquet, pour « destruction de biens par incendie » et « violence volontaire sur agent de la force publique ». L’un d’entre eux est actuellement détenu alors que deux autres sont sous mandat d’arrêt.

L’incendie du CRA serait lié à une manifestation de protestation organisée au lendemain du décès dans sa chambre d’un Tunisien de 41 ans qui était en rétention.

Cet incendie avait créé une polémique à la suite des propos du porte-parole de l’UMP Frédéric Lefebvre qui avait accusé les « collectifs type RESF » de « provocations » aux abords de ces centres. « C’est le coup classique du pyromane qui crie au feu et dénonce des innocents », avait répondu le collectif Réseau éducation sans frontières.

Le procès devait initialement se poursuivre jusqu’à mercredi. AP

AP | 25.01.2010 | 17:40

Le tribunal correctionnel de Marseille a condamné lundi à un an de prison avec sursis une femme qui avait braqué un bureau de tabac alors qu’elle était surendettée et menacée d’expulsion.

C’est la peine qu’avait requise le procureur contre Rose Vicari, une mère de famille de 50 ans, qui expliquait avoir agi « par nécessité ».

Le 8 décembre dernier, elle avait attaqué, avec une arme dans son sac, un tabac-presse situé boulevard de Saint-Loup, dans le dixième arrondissement de Marseille.

Jugée pour « tentative d’extorsion de fonds par violence et détention d’arme », elle encourait jusqu’à sept ans de prison ferme mais n’a finalement écopé que d’un an avec sursis.

Mère de deux enfants de 23 et 27 ans, elle a expliqué à la barre, en larmes, qu’elle regrettait son geste. « Je voulais faire comme un emprunt forcé. J’étais dans un désespoir immense. Je cherchais à trouver une solution ».

« Elle a pensé au suicide, mais elle a trouvé une autre solution: le suicide social », ont plaidé ses avocats, Mes Pascal Luongo et Jean-Claude Valéra. AP