NOUVELOBS.COM | 24.06.2008 | 23:28
L’animateur a été condamné jeudi à 1.000 euros d’amende pour qualifié Me Emmanuel Ludot de « vrai-faux avocat de Saddam Hussein » à la télévision.
Guy Carlier a perdu son procès. L’animateur a été condamné jeudi 12 octobre par le tribunal correctionnel de Paris à 1.000 euros d’amende pour avoir diffamé un avocat, Me Emmanuel Ludot, qu’il avait qualifié de « vrai-faux avocat de Saddam Hussein » lors d’une émission de télévision.
Guy Carlier devra par ailleurs verser à l’avocat un euro de dommages intérêts et 2.000 euros au titre des frais de procédure, selon le jugement rendu par la 17e chambre du tribunal correctionnel, présidée par Anne-Marie Sauteraud.
L’animateur avait tenu le propos condamné lors de l’émission « On ne peut pas plaire à tout le monde » diffusée sur France 3 le 3 octobre 2004, alors que les deux hommes avaient eu un débat houleux dans l’émission de la semaine précédente.
Me Ludot s’était présenté comme l’un des avocats du collectif chargé de défendre l’ancien dictateur irakien.

« Avocat marron », trop vague

Le tribunal a estimé que le propos imputait à Me Ludot de « se faire passer indûment pour un avocat de Saddam Hussein » et qu’il s’agissait « d’un fait précis susceptible d’être prouvé et portant atteinte à tout le moins à la considération du professionnel ainsi visé, en ce qu’il lui est prêté un comportement peu scrupuleux, malhonnête et en tout cas contraire à la déontologie ».
Guy Carlier a en revanche été relaxé pour d’autres propos qui lui étaient reprochés: le chroniqueur l’avait en effet également traité d' »avocat marron ».
Le tribunal a estimé que cette expression, trop vague, ne pouvait être considérée comme diffamatoire.

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Elle encourait la perpétuité, elle écope finalement de dix ans de prison. Gismaine Modély, 67 ans, comparaissait hier devant la cour d’Assises de Saint-Denis pour le meurtre de son compagnon Jean-Marc Redony. Accusée d’assassinat, elle a été reconnue coupable de violences avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Le réquisitoire de l’avocat général est cinglant. Il requiert quatorze ans de réclusion à l’encontre de cette “folle furieuse qui a cédé à l’exaspération et pris un couteau pour tuer et non juste pour se défendre ou pour faire peur”. Dans le box, Gismaine Modély est loin de ressembler à l’image dépeinte par le représentant du ministère public. Petite, les cheveux tirés en arrière, vêtue d’une robe simple et d’un pull bleu marine, elle a l’air d’une grand-mère comme les autres. Pourtant, Dominque Auter ne se montre pas indulgent. “En dépit de son grand âge, elle a un caractère beaucoup plus dur que ce qu’elle veut bien faire croire”. Un caractère forgé durant toutes les années où elle a élevé seule ses huit enfants après la mort de son mari. Devant la cour, tous les experts s’accordent à dire que Gismaine Modély n’a pas le profil d’une criminelle, bien qu’ils lui reconnaissent son côté autoritaire. “C’était elle qui criait le plus fort dans les disputes”, dit un voisin appelé à témoigner. En 1997, elle rencontre Jean-Marc Rodony. Selon l’expert psychiatre, le couple trouvera son équilibre dans une relation d’inter-dépendance basée sur l’alcoolisme du concubin et l’amour qu’il disait lui porter. “Le jour où elle lui a demandé de prendre soin d’elle, il a refusé et ce fut certainement le facteur déclenchant”. “Elle avait de l’emprise sur lui et quand elle a vu qu’il lui échappait, elle n’a pas accepté. C’est une femme de caractère, capable de jouer sur son âge et de manipuler les autres. Ni sénile, ni stupide, elle ne doit pas inspirer de compassion compte tenu de la gravité des faits et de la préméditation de son acte”, lâche Dominique Auter. Les avocates de la partie civile, Me Cécile Bentolila et Me Ingrid Dietrich-Ancelly, feront quant à elles le portrait de la victime, décrite comme “gentil, serviable, jamais violent malgré son alcoolisme. Il était généreux, toujours à l’écoute des autres”.

“Elle ne voulait pas le tuer”

Après un tel tableau, la tâche de la défense ne semblait pas simple. Démontant un à un les arguments du parquet, Me Jean-Claude Sainte-Claire tonne : “C’est un geste inacceptable certes, mais il n’y a pas eu préméditation. C’était un accident de parcours. Elle ne voulait pas le tuer”. Pourtant, les faits n’allaient pas dans ce sens. En 2007, un vendredi soir veille de 14 juillet, Jean-Marc Redony, 48 ans, annonce à sa compagne, Gismaine Modély, qu’il va faire un tour en voiture. Ils ont passé l’après-midi ensemble et même s’ils ont l’habitude de se chamailler depuis huit ans qu’ils se connaissent, ce jour-là, l’accusée affirme qu’ils ne se sont pas disputés. De son côté, elle se rend à l’anniversaire de sa voisine où elle boit du vin et de la bière. Au cours de la soirée, par la fenêtre, elle voit passer celui qui partage sa vie. Elle quitte les festivités pour se rendre à son domicile où elle pense le retrouver. Mais il n’est pas là. “Sur le portail, il avait placé des feuilles de zembrovat. C’était un code que l’on avait entre nous. Cela voulait dire qu’il était passé à la maison”, raconte-t-elle à la cour. La sexagénaire retourne alors chez sa voisine, y reste quelques heures de plus puis se fait raccompagner à sa maison. Jean-Marc Redony n’est toujours pas rentré mais elle sait exactement où il se trouve : comme à son habitude, il est parti s’enivrer chez un camarade. Elle décide de s’y rendre afin de le ramener au bercail. Avant de sortir, elle prend un couteau de cuisine et le met dans sa poche. “Dans mon quartier, il y a beaucoup de délinquants. Comme c’était la veille d’un jour férié, il y avait beaucoup de jeunes qui fument du zamal dans le chemin. J’avais peur de me faire agresser. J’ai pris le couteau pour me défendre au cas où”, explique l’accusée.

“Je ne sais pas ce qui m’a pris”

Arrivée au domicile de Jean-Luc M., elle entreprend d’appeler le locataire de la case afin de se faire connaître et demande à entrer. Une fois à l’intérieur, une discussion ou une dispute selon les différentes versions des témoins directs de la scène, s’engage entre le couple. “C’était leurs histoires, moi je n’ai pas préféré m’en mêler. Je suis retourné regarder la télé et je me suis endormi. Je n’ai pas vu ce qui s’est passé”, témoigne Jean Michel H., deuxième membre du trio formé par la victime et Jean-Luc M. “Je me suis assise sur le bord du canapé dans lequel Jean-Marc était allongé, raconte l’accusée. Il était saoul. Je lui ai demandé de rentrer à la maison, je voulais qu’il me masse l’épaule car j’avais mal. Il a refusé et m’a dit que de toute façon, ses camarades comptaient plus que moi. Je ne sais pas ce qui m’a pris, j’ai sorti le couteau et je l’ai piqué sur le flanc gauche. Je voulais lui faire peur. Selon moi, je l’avais juste touché avec la pointe. Il n’y avait pas de sang. Ensuite, je suis sortie sans me retourner et j’ai crevé un pneu de sa voiture. Je suis rentrée chez moi et sur la route, j’ai eu comme des vertiges et j’ai perdu le couteau”. Selon les constatations, Jean-Marc Redony a en fait été touché au niveau de la partie supérieure gauche du thorax. La plaie, profonde de 6 cm, a dévoilé une perforation du poumon ainsi qu’une section de l’aorte, provoquant ainsi une hémorragie interne. “Il a perdu connaissance en moins de deux minutes. La mort a été rapide”, indique le médecin-légiste à la barre avant de préciser que “l’accusée a forcément dû planter le couteau dans le thorax”. Pour son avocat, la grand-mère n’a pas eu de chance : le couteau s’est enfoncé dans “de la chaire molle, entre deux côtes. C’est la fatalité.” Des arguments qui ont fait mouche auprès des jurés puisque la sexagénaire écope de dix ans de prison, les faits étant même requalifiés en violences volontaires avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner

M.N

  • Un Français a été arrêté à son arrivée à l’aéroport avec des restes de boulettes de cannabis trouvées dans son sac. Il a ensuite été détenu pendant presque deux mois.

  • L’émirat pratique la tolérance zéro en matière de drogue.

Fabrice AUBERT

Le 8 mars dernier, vers 10h du matin, heure locale, Frédéric, un patron de PME, et sa femme Julie arrivent à Dubaï pour une semaine de vacances. Lors du contrôle à la douane à l’aéroport, le couple s’étonne que la fouille de ses bagages soit plus approfondie que pour les autres passagers. Après avoir été finalement autorisé à reprendre ses valises, Frédéric Palma est rattrapé par un douanier. Il est alors emmené dans une pièce attenante pour un nouveau contrôle.

Le douanier ouvre alors son sac et en tire une minuscule boulette de cannabis -elle sera estimée à 0,1 g. « Peut-être s’agissait-il des restes d’une barrette remontant à quelques mois« , admet-il. « Ou alors il est fort possible que la boulette ait été placée là volontairement par les douaniers« , ajoute-t-il, soulignant que son sac avait été fouillé au départ de la France et que rien n’avait été trouvé.

« Surtout ne plaide pas ‘non coupable' »

Quoi qu’il en soit, en vertu de la loi en vigueur à Dubaï (voir encadré ci-dessous), Frédéric, qui ne parle ni anglais ni arabe, est arrêté. « Pendant plusieurs heures, ils m’ont trimballé de pièce en pièce, multipliant les fouilles au corps. Ils m’ont ensuite fait signer des papiers que je ne comprenais pas« . En fin de journée, il est placé en détention dans le « centre de déportation » installé près de l’aéroport. Il y restera plus d’un mois avec environ 180 autres personnes. « Les conditions étaient vraiment déplorables. Nous étions dix dans une pièce minuscule avec huit lits. L’un des prisonniers était même atteint de tuberculose. Les toilettes étaient dans un état pitoyable. Les bagarres étaient assez courantes« . Seule consolation : les coups de téléphone sont à volonté, à condition d’acheter une carte prépayée.

Après s’être renseigné auprès des autres prisonniers qui parlent français, Frédéric apprend que la seule solution pour accélérer son dossier est de plaider coupable. « Sinon, cela aurait été pire car j’aurais été considéré comme un dealer« , indique-t-il. « Surtout, on m’a fait comprendre qu’il ne fallait pas aller à l’encontre du procureur, sous peine de voir son dossier enterré sous une pile. Même chose en prenant un avocat, qui de toute façon, coûtait une fortune« .

Le consulat contacté

Pendant ce temps, la femme de Frédéric contacte le consulat de France. Elle rencontrera deux fois la consule. « On a vite compris que le consulat ne pouvait pas faire grand-chose pour intervenir dans la procédure judiciaire. Mais ils ne sont pas véritablement préoccupés de moi comme ils sont censés le faire avec les Français détenus à l’étranger. Je n’ai ainsi reçu qu’une seule visite de la part d’un employé, au bout du 30e jour. Lui aussi m’a conseillé de faire le dos rond et de ne pas prendre d’avocat« , note Frédéric.

Interrogé par LCI.fr, le ministère des Affaires étrangères estime pour sa part que le consulat a agi comme il le fait à chaque fois dans ce genre de cas. « Contrairement à ce que l’on pense parfois, un consul n’a aucun pouvoir pour faire libérer un détenu. Mais il s’assure qu’il va bien, qu’il est traité correctement et que la procédure est respectée. C’est ce que nous avons fait avec cette personne, à qui nous avons en fait rendu visite trois fois -dont une fois alors qu’il était absent car interrogé par le procureur. Nous l’avons aussi informé que, par expérience, le fait de prendre un avocat ne changeait malheureusement pas grand-chose sur la processus« , indique le Quai d’Orsay.

« Traumatisé, choqué »

Au terme de la procédure -analyse d’urine, scanner des yeux…-, Frédéric est finalement libéré le 20 avril. Ayant plaidé coupable, aucune charge n’est retenue contre lui, sauf l’interdiction de séjourner à Dubaï. Il est donc expulsé. Sans aucune amende à régler, il prend l’avion grâce à un billet d’avion acheté par sa femme. Après être rentrée en France, celle-ci sera revenue à deux reprises à Dubaï pendant les 44 jours de détention de son mari. « Je veux témoigner car cela m’a traumatisé et choqué. Et surtout alerter sur le fait que cela peut arriver à n’importe qui. Un de mes camarades était ainsi détenu pour des médicaments indispensables à son traitement », conclut Frédéric.

Drogue : Dubaï, un pays très répressif

La législation de Dubaï est l’une des plus strictes au monde en matière de stupéfiants : toute importation, même en quantité infinitésimale, est interdite, aussi bien pour les personnes entrant dans le pays -touristes, hommes d’affaires…- que pour celles transitant uniquement à l’aéroport entre deux vols de et vers l’étranger. Pour trouver la drogue, l’émirat possède des machines de premier ordre, bien plus sophistiquées qu’en France.  Selon le consultat, une trentaine de Français subissent ainsi chaque année la mésaventure de Frédéric.

Certains médicaments, délivrés sous ordonnance avec une lettre du médecin ou même parfois en vente libre dans certains pays européens, sont aussi concernés par la loi. Selon les quantités retrouvées sur les contrevenants, les peines de prison  sont variables et montent parfois jusqu’à plusieurs années de prison. Pour 0,1g, elle peut grimper à 4 ans de prison, comme un touriste italien en a fait l’amère expérience en 2007.

Le ministère des Affaires étrangères rappelle, qu’avant un départ pour l’étranger, le site « conseils aux voyageurs » permet de s’informer sur les législations des pays traversés. « Elles sont parfois très différentes des nôtres. Ce qui est possible en France peut être fermement réprimandé ailleurs. Nous ne pouvons que conseiller à nos ressortissants de respecter les lois des pays qu’ils visitent« .

L’affaire Jacques Maire, acquitté en 2008 après un marathon judiciaire de 11 ans, a fait l’objet jeudi d’une double demande de réouverture basée sur de nouvelles analyses ADN.

Les deux frères de Nelly Haderer, une mère de famille de 22 ans dont le corps dénudé et découpé en morceaux avait été retrouvé en 1987 sur une décharge, en Moselle, ont demandé jeudi au procureur général de Nancy de procéder à de nouvelles analyses sur une série de pièces à conviction : des objets et vêtements retrouvés à proximité du corps de la victime ainsi que le couteau utilisé par le meurtrier pour mutiler le cadavre.

Certaines de ces pièces ont déjà été expertisées, mais les frères tablent sur les progrès de la science. « Si c’est possible dans l’affaire Grégory (NDLR : rouverte en décembre dernier), ça l’est encore davantage dans l’affaire Haderer », assure Me Pierre-André Babel.

De leur côté, les avocats de Jacques Maire ont également réclamé une réouverture du dossier pour effectuer des investigations génétiques, notamment sur un cheveu retrouvé sur le collant de la victime. Le procureur devrait statuer sur ces demandes dans les semaines ou les mois à venir.

Pour mémoire, Jacques Maire, un maçon de 55 ans, avait été acquitté en octobre dernier par la cour d’assises de Moselle où il comparaissait pour l’enlèvement, la séquestration et le meurtre de deux jeunes femmes dans les années 80 à l’issue d’un feuilleton judiciaire de plus de dix ans.

Il avait été successivement condamné à 15 ans de réclusion pour l’enlèvement, la séquestration et le meurtre, en 1983, d’Odile Busset, 20 ans, et déclaré non coupable du meurtre de Nelly Haderer, tuée de deux balles de carabine 22 long rifle avant d’être condamné, en appel, à 20 ans de réclusion criminelle. Une condamnation annulée en octobre 2006 par la cour de cassation pour vice de procédure. Il avait finalement été acquitté en octobre dernier.

Edition France Soir du samedi 25 avril 2009 page 13

En séjour à Damgan à la fin de l’année 2007, un policier à la retraite, originaire de Loire-Atlantique, avait infligé une série de coups de poing à son épouse. L’affaire avait été évoquée à l’audience du 11mars, mais le tribunal de Vannes avait mis son jugement en délibéré. La décision a été rendue hier et s’est traduite par une peine de deux mois de prison avec sursis. En toile de fond du différend: le comportement d’une des deux filles du couple que le prévenu jugeait inadmissible. Le 26décembre 2007, la victime a dû subir plusieurs coups de poing dans les côtes, à tel point qu’elle a enduré deux fractures et des douleurs respiratoires. L’épouse s’était réfugiée dans la chambre d’une des filles du couple, ce qui n’a pas empêché son mari de la frapper à nouveau au visage lorsque cette dernière a refusé de regagner la chambre conjugale.

«La main lourde»

Condamné le 28novembre 2008 à six mois de prison ferme dans cette affaire, le prévenu avait pu faire opposition à ce premier jugement car il n’avait pas été dûment convoqué à l’audience. «Le prévenu avait eu la main lourde, et peut-être que le tribunal avait eu aussi la main un peu trop lourde en condamnant à de la prison ferme cet homme dont le casier judiciaire était vierge», avait noté le 11mars le procureur, Guy Chassot, avant de requérir la réduction de la peine déjà prononcée dans cette affaire. Le prévenu avait, quant à lui, reconnu les faits et dit regretter son geste. La victime avait souligné qu’il ne s’agissait pas du seul épisode violent qu’elle a connu au cours de sa vie de couple.

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Larmor-Plage. Vol et détournement de carte bleue entre patients

Le tribunal de Vannes s’est penché, hier, sur le cas d’une femme poursuivie en correctionnelle pour abus de confiance, vol de carte bancaire et escroquerie. Les faits se sont produits dans une clinique psychiatrique de Larmor-Plage, en avril2008. La prévenue, qui était alors patiente de l’établissement, a abusé de la confiance d’une autre personne souffrante, laquelle lui avait confié sa carte bleue avec le code secret afin d’effectuer un retrait de 30EUR. Elle en a alors profité pour retirer 120EUR supplémentaires qu’elle a conservés. Par la suite, elle a dérobé la carte bancaire dans la chambre de la patiente et s’en est servie à Lorient, Auray et Questembert pour effectuer divers achats d’un montant total de 2.500EUR. La défense a souligné son état de «fragilité» lié à une pathologie psychiatrique.

Six mois de prison avec sursis

Le parquet a requis contre elle une peine de huit mois de prison avec sursis, compte tenu d’une récente condamnation à son casier judiciaire. Le tribunal l’a finalement condamnée à six mois de prison avec sursis.

La défense de Fabrice Burgaud a aussitôt indiqué qu’elle allait déposer un recours contre cette décision devant le Conseil d’Etat.

Fabrice Burgaud était poursuivi pour ses manquements supposés dans la conduite de l’affaire d’Outreau lorsqu’il était juge d’instruction au tribunal de Boulogne-sur-Mer. Au terme de deux procès, 13 des 17 accusés ont été acquittés des accusations de viols sur mineurs, certains d’entre eux ayant passé près de trois ans en détention provisoire.

Dans sa décision, le CSM considère que tous les faits antérieurs au 17 mai 2002 sont amnistiés, en raison de la loi d’amnistie du 6 août 2002. Sur les faits postérieurs à cette date, le CSM constate « un certain nombre de négligences, maladresses » dans la conduite de l’information judiciaire. Toutefois, celles-ci, poursuit le CSM, « ne révèlent ni une activité insuffisante, ni un non respect de la loi (…) ni une absence d’impartialité ou de loyauté de nature à porter une atteinte aux droits de la défense ».

Le CSM considère que si ces négligences et maladresses prises séparément ne constituent pas « un manquement susceptible de recevoir une qualification disciplinaire », leur accumulation relève d’un « manque de rigueur caractérisé, de nature à nuire au bon déroulement de l’information et en conséquence un manquement par M. Burgaud aux devoirs de son état de juge d’instruction ».

La direction des affaires judiciaires avait requis au nom de la chancellerie une « exclusion temporaire des fonctions pour une durée maximale d’un an ».

Le seul autre magistrat à avoir été poursuivi dans cette affaire est le procureur de la République de Boulogne-sur-Mer, Gérald Lesigne. La formation disciplinaire du CSM pour les magistrats du parquet n’avait demandé aucune sanction. Il a été depuis muté à Caen (Calvados).

Source : Express.fr

Pour Le Figaro, c’est joué. Le juge va écoper d’une « réprimande avec inscription au dossier », une sanction inférieure à celle qu’avait requise la chancellerie, « l’exclusion temporaire des fonctions pour une durée maximale d’un an ».

S’il est sanctionné, il sera le seul à « payer » pour ce fiasco judiciaire, un dossier de pédophilie qu’il a instruit, tout frais sorti de l’école en 2001-2002 au tribunal de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais), mais qui s’est soldé par l’acquittement de 13 des 17 accusés, dont certains ont passé des années en prison.

Avant lui, le procureur de Boulogne Gérald Lesigne s’est déjà expliqué en 2008 devant le CSM mais il n’a fait l’objet d’aucune sanction, ayant simplement été muté à Caen par la Chancellerie.

Cette affaire avait contribué à miner la confiance des Français dans leur justice, au point de susciter une commission d’enquête parlementaire et d’inciter le président Jacques Chirac lui-même à présenter des excuses aux innocentés.

Fabrice Burgaud en bouc-émissaire?

Les acquittés avaient décrit un magistrat « arrogant et froid », « pétri de certitude », mais durant l’audience de février, les collègues et supérieurs de Fabrice Burgaud l’ont dépeint comme un « excellent magistrat », « respectueux d’autrui », victime d’une « légende noire ».

C’est la Chancellerie qui a traduit le juge devant le CSM, lui reprochant son « manque évident de rigueur et d’impartialité », et demandant son exclusion d’un an maximum de la magistrature.

La décision du CSM est délicate: un blanchiment du juge laisserait ce fiasco sans responsable, et alimenterait les accusations de corporatisme, au moment où le gouvernement s’apprête à réformer le Conseil pour y rendre les magistrats minoritaires.

CLICANOO.COM | Publié le 23 avril 2009
Lorsque le juge prononce le verdict à son encontre, Jean-Louis G. jusque-là impassible, est en larmes derrière la vitre du box des accusés. Reconnu coupable de viol aggravé sur propre fille, il est condamné à 7 ans de prison et ressort de la cour d’assises de Saint-Denis menottés. Deux jours auparavant, il était arrivé libre dans le box. L’audience, qui s’est déroulée à huis clos, n’aura pas permis d’établir son innocence ou de créer suffisamment de doute pour qu’il soit acquitté. Les faits se sont déroulés en 2003, dans une ville de l’Est de l’île. La petite F., n’a alors que douze ans lorsque son père lui fait subir le pire : il lui impose des rapports sexuels complets à deux reprises au moins. Des faits qu’elle dénoncera trois ans plus tard. S’il admet ces actes dans un premier temps au cours de l’instruction, Jean-Louis G. les niera à la barre. En vain. “Ma cliente est bel et bien une victime et en condamnant son père, on la reconnaît en tant que tel. Son parcours était difficile, il lui a fallu du courage pour parler mais maintenant, elle pourra enfin se reconstruire. Elle n’a que dix-sept ans. Le verdict est parfaitement conforme à nos attentes”, indique Me Anne Michèle-Técher. Du côté de la défense, c’est la résignation. “Il reste encore beaucoup de points d’interrogation dans cette affaire. Je pense néanmoins que la sanction n’est pas excessive, elle est même correcte par rapport à la position retenue par la cour”, souligne Me Marius Rakotonirina avant d’indiquer que son client ne fera pas appel de cette décision

M.N

Rouf Uddin a été condamné à 30 ans par la cour et le jury

BRUXELLES Pour sa première cour d’assises, le procureur général Jean-François Godbille a requis avec une rare habileté contre Rouf Uddin, 38 ans, reconnu coupable du meurtre de Malika Soussi et du vol avec violences de son GSM.

Car c’est à la narration d’un véritable thriller moderne que le magistrat de l’accusation a invité la cour et le jury d’assises. Avant de prévoir une chute plus juridique et plus classique, afin de mieux coller à la réalité.

D’abord, M. Godbille a retracé la descente aux enfers du premier suspect de l’affaire, Alain M., qui avait menti pour dissimuler sa récidive toxicomaniaque. Mais subitement, le procureur général en est venu à décrire l’opiniâtreté de l’enquête du commissaire Jean-Michel Lemoine, qui passe au peigne fin les images des caméras de surveillance qui balayaient la porte d’entrée de l’immeuble, rue du Trône, à Ixelles.

Le commissaire ne sait pas ce qu’il doit croire des récits d’un premier suspect « complètement défoncé aux opiacés la nuit du 29 au 30 novembre 2002 » . Mais un détail travaille le sacré flic : Alain M. avait parlé d’un « Paki  » au pull à lignes qui harcelait la jeune femme. Or, des images des bandes vidéo font apparaître le vrai criminel vêtu du fameux pull à lignes alors qu’il se rend dans l’immeuble, peu avant 1 h du matin et dont il ne sortira qu’à 3 h 24.

Par ailleurs, les légistes situaient le moment du décès à 3 h environ. Le 6 décembre 2002, dans la soirée, la perquisition est déjà en cours chez Rouf Uddin et des traces du sang de la disparue sont prélevées dans des chaussures qu’il avait pourtant bien nettoyées. Cependant, un témoin interrogé par la police a dû vendre la mèche puisque, le 4 décembre déjà, l’accusé avait déjà franchi la Manche pour se réfugier en Angleterre.

Hier, la cour et le jury n’ont pas délibéré longtemps avant de condamner l’accusé à 30 ans de détention.

Pierre Desfaure

© La Dernière Heure 2009

Une nuit de septembre2007, un Brestois alors âgé de 21 ans avait pris le volant après avoir fumé un joint de cannabis. Suivra un accident, qui fera plusieurs blessés et un mort, l’un de ses amis. Hier, il a écopé de six mois de prison ferme.

À la demande de la famille de la victime, l’avocat des parties civiles, Me Nicolas Lhommeau, affirme ne pas être là pour «accabler» encore un peu plus le prévenu. Ce dernier, âgé de 22ans, craque. Puis essuie ses yeux rougis par les larmes avec l’une de ses manches. Cédric Coatanéa comparaissait, hier, devant le tribunal correctionnel de la cité du Ponant à la suite d’un accident de la circulation survenu à la sortie du bourg de Plouarzel, à la toute fin du mois de septembre2007. Dans la Renault Clio qu’il conduit cette nuit-là, quatre amis avec qui il vient de passer la soirée, à Plougonvelin. Tous se rendent dans une discothèque, à Porspoder, pour célébrer un anniversaire. Il est un peu plus d’une heure du matin. L’automobiliste a fumé, vers 22h, un joint de résine de cannabis. Seul, à l’écart des autres. Pour se sentir «plus à l’aise». Il n’avait pas bu. Mais à quelques encablures d’une intersection entre deux routes qu’il emprunte régulièrement, c’est le «trou noir». Le menuisier brestois ne marque pas le stop et percute une voiture. À la suite du choc, la sienne est projetée dans un ruisseau. Sur le toit. Tous les occupants parviendront à s’en extraire, aidés ou non. Excepté un: Michaël Lannuzel, 20 ans. Le prévenu, qui s’en sortira quasiment indemne, lui maintiendra bien la tête hors de l’eau. Sauf que les yeux de son ami étaient déjà «fermés».

Un «sentiment de culpabilité énorme»

Me Lhommeau le redit: il préfère «s’en remettre à la sagesse du tribunal». En défense, MeRonanAppéré s’attarde sur la «conjugaison d’un certain nombre d’éléments» à l’origine de la collision, qui a également fait plusieurs blessés: en priorité la consommation de drogue, à très petite dose, et une «trop grande connaissance du trajet» qui induit, «inconsciemment, un relâchement de l’attention» au volant. S’agissant du conducteur, Me Appéré estime qu’«aucun comportement étrange» n’a été relevé par les passagers et sous-entend que «son sentiment de culpabilité énorme» constitue une peine bien suffisante. Et ne conteste pas les réquisitions de la représentante du ministère public: un an d’emprisonnement assorti d’un sursis de mise à l’épreuve deux ans durant. Le tribunal ira plus loin: un an de prison, dont six mois ferme, en plus de l’annulation du permis de conduire de Cédric Coatanéa, qu’il n’aura pas le droit de repasser pendant 18 mois, et d’une amende d’un montant de 100 € pour le non-respect du stop. MeRonan Appéré prévoit de faire appel de ce jugement.

* Aurélien Douillard