“ Je ne peux plus me regarder en face ”

La cour d’assises a condamné, hier, un homme de 45 ans accusé de viols sur sa sœur, à cinq ans de prison avec sursis. Il est ressorti libre du tribunal.

Pascal reconnu coupable de viols, à Châteauroux entre 1996 et 2003, sur sa sœur, une personne vulnérable, s’est présenté, mardi, libre devant les jurés de la cour d’assises. Hier, après le verdict, il est ressorti libre du tribunal. Ne voyez pas là une généralité ! En France, un violeur s’expose à une peine allant de 15 ans de prison ferme jusqu’à la prison à perpétuité.
Dans cette affaire inhabituelle, et pour cause, l’accusé, après avoir su par son frère qu’une plainte avait été déposée par de sa sœur en 2005, a aussitôt contacté le commissariat en précisant qu’il était à la disposition des policiers.
D’ailleurs, c’est un des points que relèvera son avocate, Florence Chaumette : « C’est là, qu’il a pris conscience de ses actes. Des certitudes sur les déclarations de sa sœur, nous n’en avons pas, que des discours changeants, incohérents… Lors du dépôt de plainte, sa sœur a modifié à plusieurs reprises sa version des faits évoquant des rapports sexuels une à deux fois par semaine, puis de deux à trois fois par jour… Pourquoi, trois ou quatre fois en six ans, si ce dernier voulait assouvir des pulsions sexuelles ?… »

“ Je n’ai jamais
voulu lui nuire ”

L’avocate a balayé la thèse du ministère public qui le définit comme le protecteur, (il s’était occupé de ses trois frères et sa sœur), prenant l’ascendant pour entrer dans la peau de l’agresseur. « Lui, considère ces échanges comme de la tendresse, lors de coups de blues. Le rapprochement physique s’opère, l’affection dérape… On ne peut pas affirmer sa volonté de s’approprier cette femme, sinon, les relations sexuelles auraient été plus fréquentes ! » poursuit son défenseur.
Consentement ou pas de la sœur, la question reste complexe ! Les deux experts médicaux confirment la fragilité de cette femme, limitée intellectuellement, et l’ambivalence sur l’acceptation et le refus, dans un tel cas. « Mettre en prison, cet ouvrier qui essaie de comprendre ses actes, ne serait pas une réponse. Surtout, n’allez pas trahir sa sœur (la victime) ! reprenait l’avocate en s’adressant aux jurés. Jamais elle n’a exprimé de haine à l’encontre de son frère. Il est libre depuis quatre ans, placé sous contrôle judiciaire. Il n’y pas de texte de loi qui impose la prison ferme… » Lors d’une confrontation, sa sœur lui a d’ailleurs pardonné, en souhaitant que la procédure s’arrête, et aucune partie civile n’assistait au procès.
Les yeux humides, Pascal déclare : « Je ne peux plus me regarder en face, j’ai du mal à vivre avec ces remords. Je me suis rendu compte du mal que j’ai fait à ma sœur, mais je ne voulais pas lui nuire. »
Au prononcé de son verdict, la cour d’assises a reconnu Pascal coupable de viols (faits révélés) sur personne vulnérable et l’a condamné à une peine de 5 ans d’emprisonnement avec sursis, mise à l’épreuve de trois ans avec obligation de se soigner… Pascal est ressorti du tribunal comme il y était entré : libre.

(1) Les prénoms ont été changés afin de préserver l’anonymat des personnes citées.

Maryline Chatre

1 réponse
  1. SAADA
    SAADA says:

    Vraiment scandaleux et honte à la justice francaise d’avoir libéré un violeur
    et sans qu’il ne fasse un seul jour de détention provisoire.Alors que d’autres pèrsonnes elles innocentes onts payée très chèr sur une autre affairre (Outreau).Au secours les juges sonts devenus fou.Honte et encore honte à la justice francaise et au juges concèrnés par cèt affairre après cela il ne faut pas s’étonné qu’il y ai des crimes et des viols en récidive.Justice à deux vitèsses quand tu nous tiens

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